{"id":1412,"date":"2015-02-06T21:11:36","date_gmt":"2015-02-06T21:11:36","guid":{"rendered":"http:\/\/example.com\/rbea-lamante-de-dieu"},"modified":"2024-07-17T15:08:01","modified_gmt":"2024-07-17T13:08:01","slug":"rbea-lamante-de-dieu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/journalsoufi.com\/index.php\/2015\/02\/06\/rbea-lamante-de-dieu\/","title":{"rendered":"R\u0101be\u201ba \u2013 L\u2019amante de Dieu"},"content":{"rendered":"<p>Sur la Voie soufie, les hommes et les femmes sont consid\u00e9r\u00e9s comme \u00e9gaux dans leur capacit\u00e9 \u00e0 exercer un effort spirituel. Ceux qui se noient dans l\u2019Oc\u00e9an de  &nbsp;l\u2019Amour perdent tous les attributs de leur identit\u00e9 individuelle et transcendent la distinction entre \u201bil\u2019 et \u201belle\u2019. Puisque tous les aspirants sur la Voie sont essentiellement un dans l\u2019esprit, les diff\u00e9rences ext\u00e9rieures comme le sexe, la race et la position sociale sont hors de propos. Dans les mots du grand ma\u00eetre soufi Nur Ali Sh\u0101h \u00e0 sa femme Bibi \u1e24ay\u0101ti : <br \/><em>Dans le royaume de l\u2019amour, la sinc\u00e9rit\u00e9 et le Soufisme, toi aussi tu es un homme. <\/em><br \/><em>La v\u00e9ritable masculinit\u00e9 est le courage. <\/em><br \/><em>L\u2019homme vrai est celui qui ne capitule jamais, qui tient ferme une fois qu\u2019il a pos\u00e9 son pied dans la qu\u00eate de la perfection.<\/em><\/p>\n<p>Des exemples de femmes qui ont \u00e9t\u00e9 sources d\u2019inspiration pour d\u2019autres \u00e0 travers leur courage et leur d\u00e9termination existent \u00e0 travers l\u2019histoire du Soufisme. La plus grande de toutes est R\u0101be\u201ba, dont l\u2019excellence spirituelle l\u2019a fait conna\u00eetre sous le nom de \u201bCouronne des Hommes\u2019. D\u2019elle, \u201bA\u1e6d\u1e6d\u0101r a \u00e9crit :<\/p>\n<p><em>Non, elle n\u2019\u00e9tait pas une femme c\u00e9libataire<\/em><br \/><em>Mais au-dessus d\u2019une centaine d\u2019hommes :<\/em><br \/><em>Envelopp\u00e9e dans la quintessence de la br\u00fblure<\/em><br \/><em>Immerg\u00e9e dans la V\u00e9rit\u00e9 des pieds \u00e0 la t\u00eate,<\/em><br \/><em>Et lib\u00e9r\u00e9e de tous les exc\u00e8s superflus<\/em>.<\/p>\n<p>Cette femme extraordinaire \u00e9prouva au d\u00e9but de sa vie de nombreux malheurs. N\u00e9e dans l\u2019extr\u00eame pauvret\u00e9, elle \u00e9tait la quatri\u00e8me fille d\u2019une famille pauvre mais pieuse. Alors qu\u2019elle \u00e9tait encore jeune enfant, ses deux parents moururent, et plus tard, pendant une famine \u00e0 Ba\u1e63ra, ce qu\u2019il restait de sa famille fut dispers\u00e9.<br \/>R\u0101be\u201ba tomba entre les mains d\u2019un commer\u00e7ant sans scrupule, qui la vendit comme esclave \u00e0 un aristocrate de la ville. Bien que fuie par la fortune du monde, orpheline parmi des \u00e9trangers, R\u0101be\u201ba \u00e9tait soutenue et nourrie par un Ami int\u00e9rieur, et en Lui, elle trouva refuge. <br \/>Une nuit, alors qu\u2019elle \u00e9tait en pri\u00e8re, son ma\u00eetre observa avec \u00e9tonnement une lampe rayonnant dans les airs au-dessus de sa t\u00eate. La lumi\u00e8re de cette lampe illumina la maison enti\u00e8re. L\u2019aristocrate, r\u00e9alisant la gr\u00e2ce sp\u00e9ciale de son esclave, d\u00e9cida de l\u2019affranchir. R\u0101be\u201ba quitta sa maison et s\u2019en alla vivre dans des ruines abandonn\u00e9es en dehors de la ville, o\u00f9 elle s\u2019\u00e9tablit dans la pauvret\u00e9 et la r\u00e9clusion.<br \/>R\u0101be\u201ba fit un p\u00e8lerinage \u00e0 La Mecque, et apr\u00e8s l\u2019avoir achev\u00e9, retourna vivre dans son habitat de fortune. L\u00e0, elle resta, se d\u00e9vouant \u00e0 la pratique spirituelle et illuminant ceux qui venaient \u00e0 elle pour \u00eatre guid\u00e9s. <br \/>R\u0101be\u201ba vivait dans une extr\u00eame pauvret\u00e9, refusant tous les cadeaux de ces mots, \u00ab Je n\u2019ai pas besoin de ce monde. \u00bb Elle passait ses nuits dans la pri\u00e8re et ses jours dans le je\u00fbne, mais dans cette vie aust\u00e8re elle br\u00fblait dans le feu de son d\u00e9sir ardent pour Dieu.<\/p>\n<p>Quand elle fut questionn\u00e9e sur la r\u00e9alit\u00e9 substantielle de sa foi, R\u0101be\u201ba r\u00e9pondit :<\/p>\n<p><em>Ni la peur du feu de l\u2019enfer ni l\u2019espoir de la r\u00e9compense du paradis n\u2019attisent mon amour et ma v\u00e9n\u00e9ration pour Dieu\u2026 <\/em><br \/><em>Mon d\u00e9sir et mon amour sont l\u2019unique base de ma d\u00e9votion envers Lui.<\/em><\/p>\n<p>Les pri\u00e8res de R\u0101be\u201ba et son je\u00fbne \u00e9taient le symbole ext\u00e9rieur de son d\u00e9tachement int\u00e9rieur, son refus de tout except\u00e9 Son visage. Rejetant les deux mondes, elle fut nourrie par Sa lumi\u00e8re et la douceur de Sa compagnie. Son abn\u00e9gation fut une affirmation de son amour, un signe de son attention int\u00e9rieur \u00e0 l\u2019Unique, Qui fut sa fontaine de mis\u00e9ricorde et de b\u00e9n\u00e9diction. Malgr\u00e9 l\u2019\u00e9preuve de sa vie pass\u00e9e et les privations mat\u00e9rielles de ses derni\u00e8res ann\u00e9es, R\u0101be\u201ba ne se plaignit jamais ni ne demanda d\u2019assistance \u00e0 quelqu\u2019un, car elle se consid\u00e9rait elle-m\u00eame comme r\u00e9ellement chanceuse. Alors que les aspects ext\u00e9rieurs de sa vie peuvent nous para\u00eetre durs et arides, la r\u00e9alit\u00e9 int\u00e9rieure \u00e9tait la gr\u00e2ce au-del\u00e0 de toute mesure. A l\u2019aube, elle chantait :<\/p>\n<p><em>Combien de gr\u00e2ce, combien de cadeaux,<\/em><br \/><em>De faveurs et de bont\u00e9 m\u2019as-tu manifest\u00e9 !<\/em><br \/><em>Ton amour que je cherche ; en lui je suis b\u00e9nie ;<\/em><br \/><em>\u00d4 \u0153il rayonnant de mon c\u0153ur ardent !<\/em><br \/><em>Tu es le commandant de mon c\u0153ur !<\/em><br \/><em>Aussi longtemps que je vivrai, je ne serai jamais lib\u00e9r\u00e9e de Toi.<\/em><br \/><em>Sois satisfait avec moi, \u00d4 d\u00e9sir de mon c\u0153ur,<\/em><br \/><em>Et je serai heureuse, b\u00e9nie.<\/em><\/p>\n<p>Tandis que l\u2019asc\u00e9tisme de R\u0101be\u201ba exprimait son amour de Dieu, son isolement des autres d\u00e9notait aussi sa loyaut\u00e9 envers Lui. En compagnie des autres, elle craignait de L\u2019oublier m\u00eame pour un instant. Comme elle expliquait :<\/p>\n<p><em>J\u2019ai si compl\u00e8tement rompu mes liens avec les gens que lorsque le jour se l\u00e8ve, craignant que les gens me distraient et ne perturbent mon c\u0153ur, je prie, \u201bSeigneur engage-moi uniquement avec Toi-m\u00eame, afin que personne ne me d\u00e9tourne de toi.\u2019<\/em><\/p>\n<p>R\u0101be\u201ba \u00e9tait terrifi\u00e9e \u00e0 l\u2019id\u00e9e de perdre l\u2019amour de Dieu \u00e0 cause de son manque de d\u00e9termination. \u00ab Ma plus grande peur, \u00bb confessa-t-elle, \u00ab est la s\u00e9paration, car je me suis tant habitu\u00e9e \u00e0 Lui. \u00bb Son attention totale envers Dieu \u00e9tait sans compromis et elle ne laissait rien la distraire de l\u2019objet de sa qu\u00eate. Elle n\u2019a pas rejet\u00e9 simplement la vie normale ou n\u2019a pas cherch\u00e9 simplement \u00e0 fuir le monde et ses turpitudes, elle a vaillamment choisi de se d\u00e9dier absolument et compl\u00e8tement \u00e0 Dieu. <br \/>R\u0101be\u201ba fut un rare exemple de quelqu\u2019un qui appartenait totalement \u00e0 Dieu ; elle ne pouvait partager sa vie avec quelqu\u2019un d\u2019autre. \u00ab Je n\u2019appartiens pas \u00e0 moi-m\u00eame, \u00bb disait-elle en r\u00e9ponse \u00e0 une demande en mariage, \u00ab Je suis Sa possession. \u00bb Son c\u0153ur n\u2019avait pas de place pour la haine, pas m\u00eame pour Satan, car l\u2019amour de Dieu seul r\u00e9sidait en elle.<br \/>Ainsi, R\u0101be\u201ba v\u00e9cut toujours seule, sans enfant et d\u00e9tach\u00e9e des autres. Une telle vie, cependant, ne l\u2019a pas prot\u00e9g\u00e9e des joies et des tracas de l\u2019exp\u00e9rience humaine. Son amour pour Dieu \u00e9tait si intense qu\u2019il surpassa en tendresse et en passion l\u2019amour dans une relation humaine. Sa relation avec Dieu \u00e9tait r\u00e9elle et tangible pour elle, aussi r\u00e9elle que la lumi\u00e8re qui illuminait sa pi\u00e8ce toutes les nuits, une lumi\u00e8re qui brillait sans lampe. R\u0101be\u201ba parlait doucement \u00e0 Dieu tous les soirs, disant :<\/p>\n<p><em>Mon Seigneur, tout est devenu calme ;<\/em><br \/><em> et chaque mouvement \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur est tranquille. <\/em><br \/><em>Chaque amant se cache avec sa dulcin\u00e9e. <\/em><br \/><em>Maintenant je me suis enfin retir\u00e9e avec Toi.<\/em><\/p>\n<p>La ferveur et l\u2019urgence de l\u2019amour de R\u0101be\u201ba pour Dieu fut une \u00e9tincelle qui mit le feu \u00e0 l\u2019asc\u00e9tisme aride du Soufisme ant\u00e9rieur et enflamma les c\u0153urs de ceux qui la suivaient. R\u0101be\u201ba se donna si totalement au feu de Son amour qu\u2019elle devint une torche pour les autres, les exhortant \u00e0 travers son exemple \u00e0 \u00ab Allumer le monde, quand bien m\u00eame comme de la cire tu br\u00fbles toi-m\u00eame. \u00bb Son impact sur le soufisme est tr\u00e8s bien r\u00e9sum\u00e9 dans l\u2019histoire suivante :<br \/>Une fois, un groupe de gnostiques la virent courir avec un seau d\u2019eau dans une main et une torche enflamm\u00e9e dans l\u2019autre. \u00ab \u00d4 dame de l\u2019autre monde, o\u00f9 allez-vous ? Que fa\u00eetes-vous ? \u00bb, demand\u00e8rent-ils. R\u0101be\u201ba r\u00e9pondit, \u00ab Je vais mettre le feu au Paradis et \u00e9teindre les flammes de l\u2019Enfer. De cette fa\u00e7on, le voyageur vers Dieu pourra se d\u00e9barrasser de ces deux voiles et voir clairement le v\u00e9ritable but. \u00bb <br \/>Il y a de nombreuses histoires \u00e9crites au sujet de R\u0101be\u201ba, illustrant sa pi\u00e9t\u00e9 et sa gr\u00e2ce sp\u00e9ciale. Ces seules anecdotes ne nous donnent pas une image compl\u00e8te d\u2019elle, car elles r\u00e9v\u00e8lent rarement son \u00e9tat int\u00e9rieur. Il est simpliste de la percevoir comme une personne \u00e9loign\u00e9e, vivant dans le (un) pass\u00e9 lointain, dans un temps o\u00f9 l\u2019asc\u00e9tisme et la pi\u00e9t\u00e9 \u00e9taient la r\u00e8gle pour les aspirants \u00e0 la voie soufie. Cependant, si nous regardons les po\u00e8mes et les pri\u00e8res qui lui sont attribu\u00e9es, nous percevons l\u2019intemporalit\u00e9 de la R\u0101be\u201ba int\u00e9rieure, de l\u2019amante, qui, voil\u00e9e aux yeux des \u00e9trangers, br\u00fblait dans les flammes du d\u00e9sir de son c\u0153ur. Au lever du soleil, on pourrait encore l\u2019entendre chanter :<\/p>\n<p><em>\u00d4 ma joie, mon d\u00e9sir,<\/em><br \/><em>\u00d4 mon sanctuaire, mon compagnon,<\/em><br \/><em>\u00d4 provision de mon chemin,<\/em><br \/><em>\u00d4 mon but ultime !<\/em><br \/><em>Tu es mon esprit ;<\/em><br \/><em>Tu es mon esp\u00e9rance ;<\/em><br \/><em>Tu es mon ami,<\/em><br \/><em>Sans Toi, \u00d4 ma vie, mon amour,<\/em><br \/><em>Je n\u2019aurais jamais parcouru ces terres sans fin.<\/em><\/p>\n<p>Dans la po\u00e9sie de R\u0101be\u201ba, nous pouvons encore ressentir l\u2019intensit\u00e9 de son d\u00e9sir ardent, une passion qui consume les voiles du temps. Elle \u00e9tait extatique dans son d\u00e9sir passionn\u00e9 pour son Bien-aim\u00e9. Elle ne pouvait penser \u00e0 d\u2019autres que Lui. Il \u00e9tait sa nourriture, son rafraichissement et son repos. R\u0101be\u201ba est un mod\u00e8le pour quiconque, dans toutes les \u00e9poques, car elle s\u2019est soumise totalement \u00e0 l\u2019amour.<br \/>Aussi, souvenons-nous de la recommandation de R\u0101be\u201ba aux personnes de son temps qui s\u2019applique encore \u00e0 nous aujourd\u2019hui :<\/p>\n<p><em>\u00d4 enfant d\u2019Adam ! Tes yeux ne cr\u00e9ent pas de passage pour percevoir la V\u00e9rit\u00e9, de m\u00eame que la parole ne donne pas acc\u00e8s \u00e0 Lui. <br \/>Le vrai travail est dans le c\u0153ur. <br \/>Essaie de r\u00e9veiller ton c\u0153ur, car quand le c\u0153ur se r\u00e9veille, il a besoin d\u2019un ami.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sur la Voie soufie, les hommes et les femmes sont consid\u00e9r\u00e9s comme \u00e9gaux dans leur capacit\u00e9 \u00e0 exercer un effort&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1053,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-1412","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-articles"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/journalsoufi.com\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/HAFEZ7-1.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/journalsoufi.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1412","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/journalsoufi.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/journalsoufi.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/journalsoufi.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/journalsoufi.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1412"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/journalsoufi.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1412\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1647,"href":"https:\/\/journalsoufi.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1412\/revisions\/1647"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/journalsoufi.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1053"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/journalsoufi.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1412"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/journalsoufi.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1412"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/journalsoufi.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1412"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}