{"id":1396,"date":"2005-03-18T07:01:52","date_gmt":"2005-03-18T07:01:52","guid":{"rendered":"http:\/\/example.com\/la-fin-de-la-capitulation"},"modified":"2013-05-10T21:12:47","modified_gmt":"2013-05-10T21:12:47","slug":"la-fin-de-la-capitulation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/journalsoufi.com\/index.php\/2005\/03\/18\/la-fin-de-la-capitulation\/","title":{"rendered":"La fin de la capitulation"},"content":{"rendered":"<p><em>Jeffrey Rothschild<\/em><\/p>\n<div><em>Il est celui qui attire ; Il est l&rsquo;attir\u00e9 Il est le chercheur ; Il est le recherch\u00e9 Ceci a \u00e9t\u00e9 chuchot\u00e9 dans notre cercle D&rsquo;un fou &agrave; l&rsquo;autre. &#8211; Dr Javad Nurbakhsh <\/em><\/p>\n<p>D&egrave;s qu&rsquo;il se r\u00e9veilla, il sut que le tapis n&rsquo;\u00e9tait plus l&agrave; avant m&ecirc;me d&rsquo;ouvrir ses yeux. Ainsi il ne fut pas surpris lorsqu&rsquo;il se leva et vit le coin vide au sol. Pendant plus de quarante ans il avait gard\u00e9 ce tapis avec lui. Il regarda la fen&ecirc;tre ouverte &agrave; travers laquelle le vent poussait les rideaux d\u00e9color\u00e9s par le soleil vers l&rsquo;int\u00e9rieur et laissait ainsi entrer les premiers rayons de la lumi&egrave;re de l&rsquo;aube. Il se dit que c&rsquo;est par cette fen&ecirc;tre que le voleur avait d&ucirc; entrer dans la pi&egrave;ce.<\/p>\n<\/div>\n<p>Apr&egrave;s s&rsquo;&ecirc;tre habill\u00e9, il quitta la maison et partit &agrave; travers les chemins poussi\u00e9reux de la ville vers la khanaqah en suivant son chemin habituel &agrave; travers le bazar. Et l&agrave; il remarqua devant la boutique d&rsquo;un marchand de tapis deux personnes en train de palabrer. Alors qu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9loignait il vit une des deux personnes d\u00e9rouler un tapis et le tendre &agrave; l&rsquo;autre. Il reconnut imm\u00e9diatement les images distinctives qui y \u00e9taient tiss\u00e9es : le bol du mendiant et les haches crois\u00e9es dans le coin avec au centre la photo du Ma&icirc;tre dont l&rsquo;ordre porte le nom.<\/p>\n<p>&laquo; Rien &agrave; faire &raquo; r\u00e9p\u00e9tait l&rsquo;homme qui tenait &agrave; pr\u00e9sent le tapis tout en secouant calmement sa t&ecirc;te &laquo; je ne peux pas accepter &raquo;<\/p>\n<p>&laquo; Mais regardez l&rsquo;habilet\u00e9 du travail ; la qualit\u00e9 du mat\u00e9riau utilis\u00e9. je vous le dis &ccedil;a c&rsquo;est un tapis d&rsquo;une excellente qualit\u00e9 &raquo;<\/p>\n<p>&laquo; Et moi je vous dis que pour rien au monde je ne peux vous l&rsquo;acheter tant que ne me donnez pas la preuve qu&rsquo;il vous appartient. Je ne peux pas prendre le risque d&rsquo;&ecirc;tre pris avec des marchandises vol\u00e9es. &raquo;<\/p>\n<p>&laquo; Vol\u00e9 ? Je suis offens\u00e9 par ce que vous sous-entendez l&agrave; &raquo;<\/p>\n<p>&laquo; Et de plus, regardez l&agrave;, vous voyez qu&rsquo;il s&rsquo;est d\u00e9chir\u00e9 et a \u00e9t\u00e9 r\u00e9par\u00e9 &raquo;<\/p>\n<p>&laquo; O&ugrave; &ccedil;a ? &raquo; demanda l&rsquo;homme avec incr\u00e9dulit\u00e9. Le marchand pointa son doigt &agrave; un endroit sur le bord du tapis.<\/p>\n<p>&laquo; L&agrave;. M&ecirc;me s&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 repris avec beaucoup d&rsquo;adresse. Je dois reconna&icirc;tre que c&rsquo;est le travail d&rsquo;un vrai artisan. Si seulement je pouvais &ecirc;tre s&ucirc;r que ce tapis est &agrave; vous, je ne ferais m&ecirc;me pas attention &agrave; un tel d\u00e9faut &raquo;<\/p>\n<p>Le voleur sut qu&rsquo;il faudrait qu&rsquo;il trouve vite quelque chose &agrave; dire pour convaincre le marchand mais rien ne lui venait &agrave; l&rsquo;esprit.<\/p>\n<p>&laquo; Excusez-moi, peut &ecirc;tre que je peux vous aider &raquo; il avan&ccedil;a et serra la main du marchand &laquo; j&rsquo;ai surpris votre conversation. je peux attester avec certitude que le tapis en question appartient &agrave; cet homme &raquo;<\/p>\n<p>Le marchand acquies&ccedil;a avec satisfaction et se retourna vers l&rsquo;homme qui tenait le tapis. &laquo; Dans ce cas votre offre est accept\u00e9e si vous d\u00e9sirez toujours vendre &raquo;<\/p>\n<p>Assur\u00e9 d&rsquo;avoir convaincu le marchand, il se d\u00e9cida &agrave; partir mais avant, il jeta un coup d&rsquo;&oelig;il &agrave; l&rsquo;homme qui tenait le tapis et dont l&rsquo;expression r\u00e9v\u00e9lait un m\u00e9lange de confusion et d&rsquo;\u00e9tonnement qu&rsquo;il s&rsquo;effor&ccedil;ait de contenir.<\/p>\n<p>Prenant sa bourse, le marchand en sortit quelques pi&egrave;ces d&rsquo;or. Il les donna au voleur qui accepta l&rsquo;argent et lui remit le tapis en retour.<\/p>\n<p>&laquo; Pouvez vous me dire &raquo; demanda t-il au marchand en essayant de ne pas trahir ses \u00e9motions &laquo; pourquoi vous avez accept\u00e9 la parole de cet homme comme t\u00e9moignage aussi rapidement &raquo;<\/p>\n<p>&laquo; Lui ? C&rsquo;est le shaykh d&rsquo;une khanaqah situ\u00e9e pas loin d&rsquo;ici qui est connu pour sa v\u00e9racit\u00e9, sa parole est aussi cr\u00e9dible que celle d&rsquo;un saint. &raquo;<\/p>\n<p>Le voleur sourit grandement au marchand sans arriver &agrave; croire &agrave; sa bonne \u00e9toile. &laquo; Vraiment &raquo; r\u00e9pliqua t-il riant tout seul de ce qu&rsquo;il savait &ecirc;tre la v\u00e9rit\u00e9 &laquo; aussi cr\u00e9dible qu&rsquo;un saint &raquo; <\/p>\n<p>Je commen&ccedil;ai par une question. Mais ce n&rsquo;\u00e9tait pas une question dont j&rsquo;attentais une r\u00e9ponse. Je savais que mon p&egrave;re ne pourrait pas me r\u00e9pondre. Aussi le moins qu&rsquo;on puisse dire c&rsquo;est que l&rsquo;interroger n&rsquo;\u00e9tait pas bien de ma part. L&rsquo;islam repr\u00e9sentait une grande peut &ecirc;tre la majeure partie de sa vie et le contenu provocateur de ma question allait certainement le contrarier, je commen&ccedil;ai donc sur un ton assez innocent.<\/p>\n<p>&laquo; Je sais que l&rsquo;islam signifie soumission &raquo; lui dis-je un jour apr&egrave;s l&rsquo;\u00e9cole &laquo; et tu l&rsquo;as d\u00e9j&agrave; expliqu\u00e9 plusieurs fois. Mais dis-moi que signifie la soumission ? .Ce n&rsquo;\u00e9tait pas que je doutais de la religion ou que je voulais m&rsquo;en moquer. C&rsquo;\u00e9tait juste que je me disais qu&rsquo;il devait exister quelque chose au-del&agrave; de ce que la plupart des gens croyait, quelque chose de plus profond.<\/p>\n<p>&laquo; On ne vous apprend donc rien &agrave; l&rsquo;\u00e9cole ? &raquo; r\u00e9pondit s\u00e9v&egrave;rement mon p&egrave;re. &laquo; La soumission signifie que tu acceptes tout ce que Dieu d\u00e9cr&egrave;te pour toi, et que tu aies enti&egrave;rement confiance en lui en sachant qu&rsquo;il est Omniscient. &raquo;<\/p>\n<p>&laquo; Mais dieu n&rsquo;est t-il pas Tout-Puissant ? &raquo;<\/p>\n<p>&laquo; Oui, bien s&ucirc;r &raquo;<\/p>\n<p>&laquo; Et rien ne peut advenir &agrave; moins que ce soit sa volont\u00e9 n&rsquo;est ce pas ? &raquo;<\/p>\n<p>&laquo; C&rsquo;est exact &raquo;<\/p>\n<p>&laquo; Par cons\u00e9quent toute chose est soumise &agrave; Lui qu&rsquo;elle le veuille ou non. Que signifie alors la soumission ? &raquo;<\/p>\n<p>Il lui fallut quelques instants pour se rendre compte qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas de r\u00e9ponse &agrave; ma question et je voyais la frustration envahir son visage.<\/p>\n<p>&laquo; C&rsquo;est juste un flot de paroles concoct\u00e9 par ton cerveau &raquo;l&acirc;cha t-il finalement avant de quitter la pi&egrave;ce dans une col&egrave;re silencieuse. Nous n&rsquo;abord&acirc;mes plus jamais la question.<\/p>\n<p>Quelques mois plus tard en sortant de la mosqu\u00e9e apr&egrave;s la pri&egrave;re du vendredi je vis de l&rsquo;autre c&ocirc;t\u00e9 de la rue, un vieux mendiant d\u00e9bout et v&ecirc;tu d&rsquo;une tunique en lambeaux (loques) s&rsquo;adressant &agrave; un petit groupe de personnes. Pour une raison que j&#8217;ignore je d\u00e9cidai d&rsquo;aller voir de quoi il s&rsquo;agissait. Vu mon \u00e9tat d&rsquo;esprit &agrave; l&rsquo;\u00e9poque j&rsquo;y suis all\u00e9 probablement dans l&rsquo;espoir de pouvoir d&rsquo;une fa&ccedil;on ou d&rsquo;une autre pi\u00e9ger le vieux mendiant avec ses propres mots.<\/p>\n<p>Comme je le supposais il \u00e9tait en train de prononcer un sermon aux gens qui l&rsquo;entourait sur l&rsquo;importance de la foi. Je l&rsquo;\u00e9coutai pendant un moment et je vis na&icirc;tre en moi graduellement une admiration r\u00e9ticente pour sa ma&icirc;trise de l&rsquo;interpr\u00e9tation religieuse. Il a du noter un changement dans mon \u00e9tat car &agrave; la fin de son discours il se tourna vers moi.<\/p>\n<p>&laquo; Je suis s&ucirc;r qu&rsquo;il y a un sujet sur lequel tu voudrais poser une question jeune homme. N&rsquo;est ce pas ? je le vois dans tes yeux &raquo;<\/p>\n<p>Je ne crois pas avoir eu l&rsquo;intention de lui poser ma question lorsque je suis arriv\u00e9 mais suite &agrave; son interrogation je ne pus m&rsquo;en emp&ecirc;cher. <\/p>\n<p>&laquo; Effectivement j&rsquo;ai une pr\u00e9occupation. Peut &ecirc;tre pourrez vous me r\u00e9pondre l&agrave; dessus &raquo; et je lui r\u00e9p\u00e9tai le paradoxe sur la soumission avec lequel j&rsquo;avais confondu mon p&egrave;re. Le vieil homme h\u00e9sita un moment apr&egrave;s avoir \u00e9cout\u00e9 mon dilemme et j&rsquo;\u00e9tais convaincu qu&#8217;il n&rsquo;aurait aucune r\u00e9ponse &agrave; me donner. Mais &agrave; ce moment il se mit &agrave; parler sans marquer la moindre pause pour chercher ses mots. &laquo; Imagine deux hommes dans une prison condamn\u00e9s &agrave; mort par Dieu et en attente d&rsquo;&ecirc;tre ex\u00e9cut\u00e9s. Quoi qu&rsquo;il arrive c&rsquo;est la volont\u00e9 de Dieu que ces deux hommes meurent. Il n&rsquo;y a pas de doute sur le fait qu&rsquo;ils doivent se soumettre &agrave; Son d\u00e9cret.<\/p>\n<p>&laquo; Cependant, un des deux hommes passe son temps &agrave; chercher vainement des solutions pour s&rsquo;\u00e9vader de la prison, pour obtenir une gr&acirc;ce ou m&ecirc;me arriver seulement &agrave; reporter le moment de son ex\u00e9cution ne serait-ce que d&rsquo;un instant. Et quand l&rsquo;heure de son ex\u00e9cution arrive, il pleure, g\u00e9mit et implore pour qu&rsquo;on l&rsquo;\u00e9pargne. Et finalement quand il r\u00e9alise que tous ses efforts n&rsquo;ont servi &agrave; rien d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 il donne des coups de pieds et se bat avec les gardes qui l&rsquo;emm&egrave;nent &agrave; l&rsquo;ex\u00e9cution<\/p>\n<p>&laquo; L&rsquo;autre homme sait qu&rsquo;il ne peut pas \u00e9viter la fin qui lui ait d\u00e9termin\u00e9 et l&rsquo;accepte pleinement. R\u00e9sign\u00e9 &agrave; mourir, il obtient la paix du c&oelig;ur et reste calme. Quand l&rsquo;heure de sa mort arrive il ne pleure pas, n&rsquo;implore personne et ne se bats pas avec les gardes.<\/p>\n<p>&laquo; Telle est la signification de la soumission. De toutes fa&ccedil;ons, la Volont\u00e9 de Dieu quant &agrave; l&rsquo;ex\u00e9cution de ces deux hommes sera accomplie. Leur soumission ou non n&rsquo;est d&rsquo;aucun effet sur la certitude de cette Volont\u00e9. Cependant leur capitulation devant cette Volont\u00e9 a un effet direct sur eux. Dans le second exemple l&rsquo;homme est en harmonie avec la volont\u00e9 de Dieu ; dans le premier cas il ne l&rsquo;est pas. C&rsquo;est cela la diff\u00e9rence &raquo;<\/p>\n<p>A l&rsquo;issue de son explication et contrairement &agrave; ce que j&rsquo;esp\u00e9rais c&rsquo;est le mendiant qui avait eu le dernier mot car je n&rsquo;avais rien &agrave; r\u00e9pliquer.<\/p>\n<p>Pendant plusieurs semaines apr&egrave;s j&rsquo;analysai ses propos jusqu&rsquo;&agrave; ce que un jour j&rsquo;y trouve une faille. C&rsquo;\u00e9tait tr&egrave;s simple. La volont\u00e9 de Dieu ne couvrait pas seulement l&rsquo;ex\u00e9cution des deux prisonniers dans la m\u00e9taphore mais aussi tout ce qui s&rsquo;y rapportait. Dieu n&rsquo;\u00e9tait pas seulement le gardien de la prison, Il en \u00e9tait le cr\u00e9ateur. Tout venait de Lui, tout ( la prison, les gardes, les prisonniers) \u00e9tait Sa manifestation. Tout cela existait seulement par la volont\u00e9 de Dieu. Ainsi Dieu avait d\u00e9termin\u00e9 non seulement l&rsquo;ex\u00e9cution des deux prisonniers mais aussi la fa&ccedil;on dont chacun d&rsquo;eux r\u00e9agirait face &agrave; l&rsquo;ex\u00e9cution. Cela veut dire que le fait que le second prisonnier capitule et accepte son ex\u00e9cution ou qu&rsquo;il se rebelle et refuse de se soumettre comme le premier prisonnier d\u00e9pend de La volont\u00e9 de Dieu. C&rsquo;est seulement parce que Dieu le voulait que le deuxi&egrave;me homme s&rsquo;est soumis comme il l&rsquo;a fait et le premier homme n&rsquo;aurait jamais pu r\u00e9sister si Dieu avait voulu qu&rsquo;il se comporte autrement. Tout ceci me ramenait &agrave; ma question de d\u00e9part. Peut &ecirc;tre me dis-je, le sens de la soumission \u00e9tait que le prisonnier se soumette &agrave; l&rsquo;illusion de la soumission, l&rsquo;illusion qu&rsquo;il a le choix de se soumettre ou non. Mais m&ecirc;me cela (la soumission &agrave; l&rsquo;illusion de la soumission) doit &ecirc;tre d\u00e9termin\u00e9 par la volont\u00e9 de Dieu et on en revenait donc au point initial. La conclusion in\u00e9vitable &agrave; laquelle je parvins est qu&rsquo;il ne pouvait exister ni soumission, ni r\u00e9mission &agrave; Dieu.<\/p>\n<p>Ce n&rsquo;\u00e9tait pas une mince affaire &agrave; mes yeux. Si toute la notion de soumission n&rsquo;avait aucun sens, que signifiait alors l&rsquo;islam ? Au d\u00e9but mes questions n&rsquo;\u00e9taient rien de plus qu&rsquo;une sorte de jeu de l&rsquo;esprit. Mais &agrave; pr\u00e9sent mon esprit m&rsquo;entra&icirc;nait de plus en plus en terrain inconnu, dans un dangereux bourbier dont je n&rsquo;arrivais pas &agrave; m&rsquo;extraire.<\/p>\n<p>Cette nuit l&agrave; je dormis mal. Juste avant l&rsquo;aube je fis un r&ecirc;ve. J&rsquo;\u00e9tais en voyage et je m&rsquo;\u00e9tais arr&ecirc;t\u00e9 dans une sorte d&rsquo;auberge tr&egrave;s confortable. Le jour s&rsquo;\u00e9tait lev\u00e9 et je cherchais quelque chose ou quelqu&rsquo;un dans l&rsquo;auberge. Ce dont je me souviens c&rsquo;est qu&rsquo;apr&egrave;s j&rsquo;\u00e9tais seul en train d&rsquo;errer dans le d\u00e9sert. Alors que j&rsquo;avan&ccedil;ais de plus en plus loin dans le d\u00e9sert sous un soleil ardent, une voix r\u00e9p\u00e9tait sans cesse dans ma t&ecirc;te &laquo; Il n&rsquo;y a pas de soumission &raquo;. Finalement, incapable d&rsquo;aller plus loin, je m&rsquo;\u00e9croulai dans le sable en r\u00e9p\u00e9tant toujours &laquo; Il n&rsquo;y a pas de soumission &raquo;.<\/p>\n<p>Je ne sais pas combien de temps je suis rest\u00e9 couch\u00e9 dans le sable mais quand je levai les yeux un homme se tenait &agrave; c&ocirc;t\u00e9 de moi. Il avait autour de ses \u00e9paules un ch&acirc;le de pri&egrave;re qu&rsquo;il portait sur des toges de laine et sur sa t&ecirc;te \u00e9tait pos\u00e9 le turban des religieux. Malgr\u00e9 une barbe abondante qui couvrait la majeure partie de son visage, il \u00e9manait de ses yeux une lumi&egrave;re qui me captivait. Soudain, je n&rsquo;\u00e9tais plus dans le d\u00e9sert j&rsquo;avais \u00e9t\u00e9 transport\u00e9 dans un autre univers totalement inconnu. En fixant ces yeux de mon regard, je n&rsquo;arrivais plus &agrave; me contenir. Alors d&rsquo;une voix entrecoup\u00e9e, je dis &laquo; Il n&rsquo;y a pas de soumission &raquo;.<\/p>\n<p>Il approuva de la t&ecirc;te avec un l\u00e9ger sourire aux l&egrave;vres.<\/p>\n<p>&laquo; N&rsquo;est ce pas que la soumission ne signifie rien du tout &raquo; m&rsquo;empressai-je d&rsquo;ajouter dans ma confusion. &raquo;<\/p>\n<p>Il me r\u00e9pondit le regard p\u00e9tillant :<\/p>\n<p>&laquo; En d\u00e9finitive, la soumission signifie la r\u00e9mission de &lsquo;&rsquo;autre que Dieu&rsquo;&rsquo; &agrave; la pr\u00e9sence de Dieu sans que l&rsquo;on s&rsquo;aper&ccedil;oive de sa propre soumission tout en attestant que Dieu est L&rsquo;Agent d&rsquo;un tel acte &raquo; Je tentai de l&rsquo;amener &agrave; m&rsquo;expliquer ce qu&rsquo;il voulait dire ou au moins &agrave; pr\u00e9ciser ses propos mais c&rsquo;\u00e9tait trop tard. Avant que j&rsquo;aie pu dire quoique ce soit , il disparut et je me retrouvai de retour dans le d\u00e9sert sous le soleil br&ucirc;lant. Et l&agrave;, je me souvins de l&rsquo;auberge et je fus pris de panique &agrave; l&rsquo;id\u00e9e de ne pas savoir comment y retourner.<\/p>\n<p>Au m&ecirc;me instant je me r\u00e9veillai dans mon lit. Le soleil venait juste de se lever au-dessus de l&rsquo;horizon. J&rsquo;\u00e9tais si perturb\u00e9 par le r&ecirc;ve que je ne pus me rendormir. Je restai couch\u00e9 dans mon lit pendant un bon moment &agrave; penser &agrave; ce r&ecirc;ve le repassant encore et encore dans ma t&ecirc;te. Quand le soleil fut assez haut dans le ciel je sortis et me mis &agrave; vagabonder &agrave; travers les rues compl&egrave;tement d\u00e9rout\u00e9. Je n&rsquo;avais aucune id\u00e9e de l&agrave; o&ugrave; j&rsquo;allais, en fait je n&rsquo;avais nulle part o&ugrave; aller. Je voulais juste faire en sorte de ne pas me retrouver seul confront\u00e9 &agrave; moi-m&ecirc;me.<\/p>\n<p>Apr&egrave;s un petit moment je commen&ccedil;ai &agrave; retrouver mon calme. Je d\u00e9cidai de boire un th\u00e9 en cherchant un endroit o&ugrave; aller ; pendant que je buvais mon th\u00e9 je remarquais de l&rsquo;autre c&ocirc;t\u00e9 de la rue deux hommes qui se d\u00e9passaient. Au m&ecirc;me moment un troisi&egrave;me homme se pencha &agrave; une fen&ecirc;tre au-dessus d&rsquo;eux et jeta un seau de cendres qui recouvrit les deux passants de suie. Un des deux hommes habill\u00e9 d&rsquo;une robe blanche en coton fin se mit &agrave; maudire et hurler en jurant qu&rsquo;il tuerait celui qui l&rsquo;avait sali ainsi. Cependant apr&egrave;s avoir nettoy\u00e9 les cendres de sa toge il s &lsquo;en alla en fulminant de col&egrave;re.<\/p>\n<p>L&rsquo;autre homme qui \u00e9tait v&ecirc;tu d&rsquo;une vieille toge rapi\u00e9c\u00e9e posa &agrave; terre le paquet qu&rsquo;il portait et s&rsquo;agenouilla en pri&egrave;res. Pendant ce temps le troisi&egrave;me homme \u00e9tait descendu par un escalier et apparu dans la rue. Il cherchait partout l&rsquo;homme qui fulminait en pure perte comme un fou furieux. Il \u00e9tait sur le point de remonter lorsqu&rsquo;il remarqua le second homme priant dans la poussi&egrave;re. Se pr\u00e9cipitant sur lui il nettoya les cendres qui recouvraient sa toge.<\/p>\n<p>&laquo; Je vous prie de bien vouloir me pardonner. Je ne voulais pas d\u00e9verser ces cendres sur vous. Je n&rsquo;ai pas regard\u00e9 avant de vider mon seau. Veuillez pardonner ma stupidit\u00e9 &raquo;<\/p>\n<p>L&rsquo;homme &agrave; la robe rapi\u00e9c\u00e9e sourit et r\u00e9pondit : &laquo; Vous n&rsquo;avez pas besoin de vous excuser. Au moment pr\u00e9cis o&ugrave; vos cendres ont touch\u00e9 ma t&ecirc;te j&rsquo;\u00e9tais en train de r\u00e9aliser &agrave; quel point je suis mis\u00e9rable et combien je m\u00e9ritais avec certitude de br&ucirc;ler dans les flammes de l&rsquo;enfer. Aussi fus-je combl\u00e9 de joie de m&rsquo;en tirer seulement avec les cendres. &raquo;<\/p>\n<p>Intrigu\u00e9 par la r\u00e9ponse de l&rsquo;homme et le calme de sa r\u00e9action je d\u00e9cidai de le suivre quand il s&rsquo;en alla apr&egrave;s avoir fix\u00e9 solidement son paquet sous son bras. Je le vis s&rsquo;arr&ecirc;ter &agrave; plusieurs boutiques de tapis mais aucune ne semblait lui donner satisfaction. Finalement il arriva &agrave; une petite boutique dans un des endroits les moins fr\u00e9quent\u00e9s du bazar. Il s&rsquo;arr&ecirc;ta &agrave; l&rsquo;ext\u00e9rieur pendant un moment comme pour ressentir quelque avant d&rsquo;y entrer. Je le suivis dans la boutique quelques secondes plus tard et je me pla&ccedil;ai d&rsquo;un air innocent dans un coin parmi des petits tapis en tendant l&rsquo;oreille pour \u00e9couter. &laquo; J&rsquo;ai fait une longue route jusqu&rsquo;ici &raquo; expliquait l&rsquo;homme au boutiquier &laquo; ce tapis dit-il en indiquant le paquet pos\u00e9 &agrave; ses pieds &laquo; est un pr\u00e9sent destin\u00e9 &agrave; mon Pir &agrave; qui je vais rendre visite. Cependant pendant le voyage il s&rsquo;est d\u00e9chir\u00e9 et je voudrais le faire r\u00e9parer correctement, pouvez-vous le faire ? &raquo; Le boutiquier souleva le paquet et retira d\u00e9licatement l&rsquo;emballage du tapis. D&rsquo;une main experte, il d\u00e9plia le tapis au sol.<\/p>\n<p>Quand je le vis, je frissonnai. Au centre du tapis se trouvait tiss\u00e9 avec une grande pr\u00e9cision le portrait fid&egrave;le jusqu&rsquo;aux yeux de l&rsquo;homme de mon r&ecirc;ve. Il m&rsquo;\u00e9tait impossible de le confondre avec quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre.<\/p>\n<p>&laquo; Venez par ici &raquo; dit le boutiquier &agrave; l&rsquo;homme ramenant mon attention dans la pi&egrave;ce. Tous deux disparurent dans l&rsquo;arri&egrave;re boutique et n&rsquo;en ressortirent qu&rsquo;apr&egrave;s un long moment. A leur sortie l&rsquo;homme que j&rsquo;avais suivi portait &agrave; nouveau son paquet. Alors qu&rsquo;il disait au revoir au boutiquier je me glissai dehors. Ayant d\u00e9cid\u00e9 de le suivre j&rsquo;attendis qu&rsquo;il reparte. Peut &ecirc;tre que ce Pir dont il se r\u00e9clamait serait capable d&rsquo;expliquer mon r&ecirc;ve.<\/p>\n<p>Suivant l&rsquo;homme &agrave; travers les rues venteuses de la ville je fus surpris par l&rsquo;assurance avec laquelle il trouvait son chemin. A plusieurs reprises j&rsquo;eus du mal &agrave; suivre son allure et une fois m&ecirc;me je faillis le perdre de vue alors qu&rsquo;il disparaissait dans une all\u00e9e \u00e9troite bord\u00e9e de murs en pierres. Puis &agrave; une porte sur laquelle se trouvait une plaque m\u00e9tallique repr\u00e9sentant un bol de mendiant et deux haches crois\u00e9es il s&rsquo;arr&ecirc;ta et frappa. Un autre homme arriva au m&ecirc;me moment et se mit &agrave; patienter derri&egrave;re lui. Je d\u00e9cidai de me joindre &agrave; eux sans aucune id\u00e9e de ce que j&rsquo;allais pouvoir dire..<\/p>\n<p>Lorsque la porte s&rsquo;ouvrit, l&rsquo;homme avec le tapis s&rsquo;avan&ccedil;a et parla bri&egrave;vement au gardien. Ils crois&egrave;rent leurs bras chacun embrassant le dos de la main de l&rsquo;autre et l&rsquo;homme entra. Le gardien se tenait &agrave; pr\u00e9sent face &agrave; l&rsquo;autre homme et lui demanda l&rsquo;objet de sa visite.<\/p>\n<p>&laquo; Je suis ici pour voir le Pir, j&rsquo;ai rendez-vous. Mon nom est Ab&ucirc; Hasan. &raquo;<\/p>\n<p>&laquo; Et vous ? &raquo; demanda le gardien en me fixant.<\/p>\n<p>J&rsquo;estimai que la meilleure des choses \u00e9tait de lui dire tout simplement la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>&laquo; Je n&rsquo;ai pas de rendez-vous mais je voudrais parler au Pir au sujet d&rsquo;un r&ecirc;ve que j&rsquo;ai fait &raquo; Il h\u00e9sita un moment et nous invita &agrave; entrer. A l&rsquo;int\u00e9rieur une pelouse verte et luxuriante ainsi que des fleurs entouraient une grande fontaine recouverte de carreaux bleus. On nous indiqua une pi&egrave;ce o&ugrave; l&rsquo;autre homme et moi pr&icirc;mes place et b&ucirc;mes un th\u00e9. Apr&egrave;s, un long moment s&rsquo;\u00e9coula. Au fil du temps l&rsquo;homme devint de plus en plus nerveux et parut contrari\u00e9.<\/p>\n<p>&laquo; Je suis un homme important &raquo; me dit &ndash;il &laquo; cela ne me d\u00e9range pas d&rsquo;attendre un petit moment mais l&agrave;, c&rsquo;est inadmissible &raquo; Aussit&ocirc;t il se mit &agrave; faire des va et vient. A un moment donn\u00e9 l&rsquo;attente dut lui para&icirc;tre insupportable car il arr&ecirc;ta de marcher secoua sa t&ecirc;te et se rua furieusement hors de la salle. Un bref instant plus tard le gardien arriva pour l&rsquo;informer que le Ma&icirc;tre \u00e9tait pr&ecirc;t &agrave; le recevoir. Lorsque je lui expliquai ce qui s&rsquo;\u00e9tait pass\u00e9 le gardien haussa les \u00e9paules et me fit signe de le suivre en disant qu&rsquo;il verrait si le Ma&icirc;tre est dispos\u00e9 &agrave; me parler maintenant.<\/p>\n<p>Il me conduisit dehors &agrave; travers le jardin vers une petite salle qui se dressait en face de la cour. Au seuil de la porte il embrassa le sol et m&rsquo;invita &agrave; entrer. Le Pir \u00e9tait assis sur une peau de mouton parmi des piles de papiers, de livres et de manuscrits.<\/p>\n<p>&laquo; Asseyez &ndash;vous &raquo; dit-il en indiquant du doigt un coussin pos\u00e9 au sol en face de lui. Apr&egrave;s avoir copi\u00e9 quelque chose de l&rsquo;un des livres il me scruta et demanda.<\/p>\n<p>&laquo; Pourquoi &ecirc;tes vous venu ici ? &raquo;<\/p>\n<p>Je ne savais pas par o&ugrave; commencer. Le r&ecirc;ve \u00e9tait ce que je voulais vraiment comprendre mais pour &ecirc;tre plus clair il me fallait remonter en arri&egrave;re et exposer mon dilemme &agrave; propos de la soumission. &laquo; J&rsquo;ai une question sur la soumission et j&rsquo;esp&egrave;re trouver la r\u00e9ponse ici &raquo;<\/p>\n<p>C&rsquo;\u00e9tait probablement la phrase &agrave; dire du moins je le suppose puisqu&rsquo;il me fit signe de continuer en approuvant de la t&ecirc;te. Je me mis &agrave; lui expliquer la situation. Je ne peux ni d\u00e9crire sa r\u00e9action ni m&ecirc;me affirmer s&rsquo;il m&rsquo;\u00e9coutait puisqu&rsquo;il garda sa t&ecirc;te baiss\u00e9e tout le temps. Cependant lorsque j&rsquo;arrivai &agrave; la partie du r&ecirc;ve il leva sa t&ecirc;te. Je lui fis une description la plus vivante possible de mon r&ecirc;ve mais il se d\u00e9sint\u00e9ressa &agrave; nouveau jusqu&rsquo;au point o&ugrave; l&rsquo;homme du r&ecirc;ve semble accepter ma d\u00e9claration sur le fait qu&rsquo;il n&rsquo;existe pas de soumission en donnant n\u00e9anmoins sa propre d\u00e9finition de ce que c&rsquo;est. L&agrave; le Pir leva sa main pour m&rsquo;interrompre et me faire r\u00e9p\u00e9ter attentivement les mots de l&rsquo;homme. <\/p>\n<p>Apr&egrave;s que j&rsquo;eus fait ceci, il se mit &agrave; fouiller parmi les papiers et les manuscrits autour de lui. Il feuilleta un livre jusqu&rsquo;&agrave; ce qu&rsquo;il y trouve ce qu&rsquo;il semblait chercher.<\/p>\n<p>&laquo; Ce manuscrit contient certains des \u00e9crits du Ma&icirc;tre dont cet ordre porte le nom en signe d&rsquo;hommage &raquo;<\/p>\n<p>Il me tendit le manuscrit et m&rsquo;indiqua un endroit sur la page.<\/p>\n<p>&laquo; Lisez cette ligne &raquo;<\/p>\n<p>Il y&rsquo;avait \u00e9crit mot pour mot la d\u00e9finition de la soumission qui m&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 dans mon r&ecirc;ve. De voir \u00e9crit cette d\u00e9finition ainsi m&rsquo;\u00e9branla si fortement que pendant quelques minutes je ne pus me concentrer sur rien, mon esprit se vida.<\/p>\n<p>&laquo; Qu&rsquo;est ce que cela signifie ? &raquo; tentai-je finalement de demander<\/p>\n<p>&laquo; Vous savez d\u00e9j&agrave; ce que cela signifie. Au moins votre raison le sait jusqu&rsquo;au point o&ugrave; cela est possible et n\u00e9cessaire &raquo;<\/p>\n<p>&laquo; Mais ma raison me dit que la soumission n&rsquo;a aucun sens. Alors comment peut-on la d\u00e9finir ? &raquo;<\/p>\n<p>Le pir \u00e9clata de rire &agrave; ma r\u00e9ponse<\/p>\n<p>&laquo; Voyons si je peux r\u00e9sumer votre dilemme le plus simplement possible : si toute chose est la Volont\u00e9 de Dieu alors comment la soumission peut signifier quelque chose ? Est-ce exact ? &raquo;<\/p>\n<p>J&rsquo;admis que c&rsquo;\u00e9tait un r\u00e9sum\u00e9 exact de ma pr\u00e9occupation. Puis il poursuivit. &laquo; Etant donn\u00e9 que tout est une manifestation de Dieu et que tout se trouve sous sa Volont\u00e9 la seule chose que la soumission pourrait signifier c&rsquo;est que Dieu lui-m&ecirc;me fasse reddition &agrave; Dieu. Mais voil&agrave; exactement ce que dit la d\u00e9finition de votre r&ecirc;ve. Vous noterez qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de &lsquo;&rsquo;tu&rsquo;&rsquo; dans cette d\u00e9finition. &rsquo;&rsquo;Tu &lsquo;&rsquo; n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que l&rsquo;illusion de &lsquo;&rsquo;autre que Dieu&rsquo;&rsquo; qui capitule face &agrave; &lsquo;&rsquo;la pr\u00e9sence de Dieu&rsquo;&rsquo; Et &agrave; partir du moment o&ugrave; il n&rsquo;y a pas de &lsquo;&rsquo;tu&rsquo;&rsquo;, qui donc reste t-il pour voir &lsquo;&rsquo;ta&rsquo;&rsquo; soumission ? Le seul agent et t\u00e9moin dans cet acte de soumission est Dieu. Dieu en d&rsquo;autres termes capitule face &agrave; Dieu &raquo;<\/p>\n<p>Je voulais en savoir plus, le questionner encore plus longtemps mais je n&rsquo;arrivais toujours pas &agrave; me concentrer malgr\u00e9 tous mes efforts.<\/p>\n<p>&laquo; Votre trouble est d&ucirc; au fait que pour vous tout ceci vient seulement de votre raison. Votre conception de la soumission n&rsquo;est rien d&rsquo;autre qu&rsquo;une construction mentale. Cependant elle n&rsquo;est pas v\u00e9ritable. Votre c&oelig;ur ne partage pas et n&rsquo;a aucune exp\u00e9rience de cette conception. Elle est \u00e9crite dans l&rsquo;air, dans la poussi&egrave;re, pas dans votre &acirc;me &raquo;<\/p>\n<p>&laquo; Alors dites moi ce qu&rsquo;on \u00e9prouve quand on a compris la soumission &agrave; laquelle vous faites allusion ? &raquo; &laquo; Vous ne pourriez pas comprendre cela. C&rsquo;est d&rsquo;une subtilit\u00e9 que votre esprit est loin de pouvoir appr\u00e9hender. Et votre c&oelig;ur est encore endormi. M&ecirc;me quelqu&rsquo;un sur la voie depuis vingt ans pourrait ne pas \u00e9prouver une telle compr\u00e9hension. Et vous n&rsquo;avez pas encore fait le moindre effort pour accomplir ne serait ce qu&rsquo;un pas. &raquo;<\/p>\n<p>&laquo; Mais si toute chose vient de Lui, alors l&rsquo;effort aussi doit venir de Lui &raquo;<\/p>\n<p>&laquo; Ceci est encore votre raison seulement. Vous dites que toute chose vient de Dieu et professez l&rsquo;Unit\u00e9 mais vous n&rsquo;appr\u00e9hendez pas l&rsquo;unit\u00e9 avec les yeux de l&rsquo;Unit\u00e9 &agrave; travers la vision du c&oelig;ur. L&rsquo;Unit\u00e9 que vous professez vient du royaume de l&rsquo;intellect pas de l&rsquo;exp\u00e9rience. Savez vous ce qu&rsquo;est la volont\u00e9 de Dieu ? Est-ce que vous comprenez Dieu ? &raquo;<\/p>\n<p>&laquo; Non &raquo;<\/p>\n<p>&laquo; Comment pourriez vous ? Comment la coupe peut-elle esp\u00e9rer contenir l&rsquo;oc\u00e9an ? Pourtant vous m&rsquo;avez largement parl\u00e9 de Lui. Dieu est de loin plus grand que tout ce que votre intellect ne pourrait jamais comprendre. Tout ce qu&rsquo;Il fait est sans cause. Il n&rsquo;accepte personne en raison de son ob\u00e9issance ni ne rejette personne &agrave; cause de sa d\u00e9sob\u00e9issance. Ses voies sont incompr\u00e9hensibles pour l&rsquo;esprit. Il peut prendre un vaurien ivre et d\u00e9bauch\u00e9 et en un instant en faire le plus d\u00e9vou\u00e9 des voyageurs, lui accordant des exp\u00e9riences et des visions pour lesquelles certains ont langui toute une vie sur la voie spirituelle tandis qu&rsquo;un autre passera sa vie sans rien recevoir. Malgr\u00e9 tout ceci celui qui est sinc&egrave;re sur la voie s&rsquo;efforce dans la mesure du possible tout en sachant que tout vient de Lui y compris cet effort et est reconnaissant quelque soit ce qui arrive. Une telle humilit\u00e9 vous manque ; votre intellect ne le permettrait pas. &raquo;<\/p>\n<p>&laquo; Comment puis-je obtenir une telle humilit\u00e9 ? &raquo;<\/p>\n<p>&laquo; Vous&rsquo;&rsquo; n&rsquo;obtenez&rsquo;&rsquo; pas l&rsquo;humilit\u00e9, vous perdez votre fiert\u00e9. Et cela est possible seulement quand &lsquo;&rsquo; vous &lsquo;&rsquo; n&rsquo;&ecirc;tes plus l&agrave; &raquo;. L&agrave; se trouve la fin de la voie et le d\u00e9but du voyage de retour vers Dieu. &raquo; &laquo; Et comment pose t-on le premier pas sur cette voie, le pas dont vous avez parl\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment ? &raquo; Il ignora ma question et allongea le bras derri&egrave;re une pile de livres d&rsquo;o&ugrave; il retira un paquet. &laquo; Voici, ceci est pour vous &raquo;<\/p>\n<p>Je pouvais deviner &agrave; l&rsquo;emballage que c&rsquo;\u00e9tait le tapis que lui avait offert l&rsquo;homme que j&rsquo;avais suivi jusqu&rsquo;&agrave; cet endroit. Apr&egrave;s m&rsquo;avoir remis le tapis, il se leva.<\/p>\n<p>&laquo; Venez, j e vais vous raccompagner &raquo;<\/p>\n<p>Je le suivis jusqu&rsquo;&agrave; la porte qui conduisait dans la cour. L&agrave;, un vieil homme s&rsquo;approcha et tomba &agrave; genoux devant le pir.<\/p>\n<p>&laquo; &Ocirc; Ma&icirc;tre, cela fait trente ans aujourd&rsquo;hui que je suis sur cette voie. Pendant toutes ces ann\u00e9es j&rsquo;ai constamment je&ucirc;n\u00e9 durant le jour et pri\u00e9 pendant la nuit sans m&rsquo;endormir. Malgr\u00e9 tout ceci je ne trouve en moi aucune trace de la compr\u00e9hension de Dieu que je vois en vous. Que puis-je faire ? &raquo;<\/p>\n<p>&laquo; M&ecirc;me si tu je&ucirc;nes et pries pendant trois cents ans, tu ne pourras jamais obtenir un atome de cette compr\u00e9hension &raquo;<\/p>\n<p>&laquo; Pourquoi cela Ma&icirc;tre ? S&rsquo;il vous pla&icirc;t, dites-le-moi, je dois savoir &raquo;<\/p>\n<p>&laquo; Parce que tu es voil\u00e9 par ton moi que tu n&rsquo;as pas r\u00e9ussi &agrave; oublier malgr\u00e9 ta pri&egrave;re et ton je&ucirc;ne. En v\u00e9rit\u00e9 tu es fier de ces actes comme s&rsquo;ils venaient de toi; ainsi ils n&rsquo;ont fait que te ramener en arri&egrave;re &raquo; &laquo; Que dois-je faire alors ? Quel est le rem&egrave;de ? &raquo;<\/p>\n<p>&laquo; Tu ne pourras jamais l&rsquo;accepter &raquo;<\/p>\n<p>&laquo; Je l&rsquo;accepterai je le promets. Dites-le-moi afin que je puisse le faire &raquo;<\/p>\n<p>&laquo; Tr&egrave;s bien si tu insistes. Va sur-le-champ te raser la barbe et la t&ecirc;te. Enl&egrave;ve ces toges que tu portes et mets toi juste un morceau d&rsquo;\u00e9toffe en laine autour de la taille. Prends un sac de noix autour de ton cou et va sur la place du march\u00e9. Rassemble tous les enfants que tu peux et dis-leur ceci &lsquo;&rsquo; je donnerai une noix &agrave; celui d&rsquo;entre vous qui me donnera une gifle&rsquo;&rsquo;. Parcours ainsi toute la ville et va dans les endroits o&ugrave; tu es particuli&egrave;rement connu. C&rsquo;est cela ton rem&egrave;de. &raquo;<\/p>\n<p>&laquo; Louange &agrave; Dieu ! Il n&rsquo;y a de Dieu que Dieu &raquo;<\/p>\n<p>Le Pir secoua sa t&ecirc;te en entendant cela. &laquo; Si un infid&egrave;le avait prononc\u00e9 ces mots il serait devenu un croyant. En disant les m&ecirc;mes mots, toi tu es devenu polyth\u00e9iste &raquo;<\/p>\n<p>&laquo; Pourquoi en est-il ainsi Ma&icirc;tre ? &raquo;<\/p>\n<p>&laquo; Parce que tu utilises ces mots pour pr\u00e9server l&rsquo;importance que tu t&rsquo;accordes et non pour louer Dieu. Tu te crois trop important pour faire ce que je t&rsquo;ai dit &raquo;<\/p>\n<p>&laquo; Je vous en prie donnez-moi un autre rem&egrave;de. Il y a s&ucirc;rement quelque chose d&rsquo;autre que je peux faire. &laquo; Le rem&egrave;de est celui que je t&rsquo;ai prescrit &raquo;<\/p>\n<p>&laquo; Je ne peux pas faire ce que vous avez dit &raquo;<\/p>\n<p>&laquo; Ne t&rsquo;avais-je pas dit que tu serais incapable de l&rsquo;accepter ? &raquo;<\/p>\n<p>L&rsquo;homme \u00e9clata en sanglots et se pr\u00e9cipita hors de la cour. Le Pir se retourna alors vers moi.<\/p>\n<p>&laquo; Vous m&rsquo;avez demand\u00e9 comment l&rsquo;on fait le premier pas sur cette voie. Il y a un seul pas &agrave; faire. Si une personne est cens\u00e9e faire ce pas rien ne peut se mettre en travers de son chemin o&ugrave; l&rsquo;en emp&ecirc;cher. Mais si tel n&rsquo;est pas le cas, ce qu&rsquo;on lui dit ou tout ce qu&rsquo;il sait n&rsquo;y change rien, tout cela ne servira &agrave; rien comme vous venez juste de le voir &raquo;<\/p>\n<p>&laquo; Comment puis-je savoir ce que sera ma finalit\u00e9 ? &raquo;<\/p>\n<p>&laquo; Vous ne le savez pas. Seul Dieu le sait. La seule chose importante &agrave; savoir pour vous est que tout votre savoir n&rsquo;est d&rsquo;aucune valeur &raquo;<\/p>\n<p>Et sur ces paroles, il partit.<\/p>\n<p><em>Extrait de SUFI n&deg;14,Et\u00e9 1992<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jeffrey Rothschild Il est celui qui attire ; Il est l&rsquo;attir\u00e9 Il est le chercheur ; Il est le recherch\u00e9&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-1396","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/journalsoufi.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1396","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/journalsoufi.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/journalsoufi.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/journalsoufi.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/journalsoufi.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1396"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/journalsoufi.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1396\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/journalsoufi.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1396"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/journalsoufi.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1396"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/journalsoufi.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1396"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}