{"id":1383,"date":"2001-07-10T18:39:55","date_gmt":"2001-07-10T18:39:55","guid":{"rendered":"http:\/\/example.com\/les-caracteristiques-principales-du-soufisme-aux-debuts-de-lislam"},"modified":"2013-05-10T21:08:20","modified_gmt":"2013-05-10T21:08:20","slug":"les-caracteristiques-principales-du-soufisme-aux-debuts-de-lislam","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/journalsoufi.com\/index.php\/2001\/07\/10\/les-caracteristiques-principales-du-soufisme-aux-debuts-de-lislam\/","title":{"rendered":"Les caracteristiques principales du soufisme aux debuts de l&#8217;Islam"},"content":{"rendered":"<p><em>Dr. Nurbakhsh<\/em><\/p>\n<p>Examiner profond\u00e9ment les traits du soufisme \u00e0 ses origines seraient long et fastidieux surtout dans le cadre d&#8217;un discours introductif. C&#8217;est pourquoi dans les lignes qui vont suivre, je me propose de vous donner un aper\u00e7u g\u00e9n\u00e9ral de certains concepts saillants de l&#8217;histoire du soufisme original en mettant l&#8217;accent sur les points cl\u00e9s de ladite histoire, points qui de nos jours sont pour la plupart du temps ignor\u00e9.<\/p>\n<p>A ses d\u00e9buts, l&#8217;\u00e9cole du soufisme \u00e9tait caract\u00e9ris\u00e9e par l\u2019impotence qu&#8217;elle accordait \u00e0 certains principes spirituels fondamentaux ; Ces principes qui nous r\u00e9v\u00e8lent les doctrines essentielles du soufisme ont \u00e9t\u00e9 transmis \u00e0 travers les si\u00e8cles et peuvent \u00eatre r\u00e9sum\u00e9 comme il suit. <\/p>\n<p><strong>1- L&#8217;APPROCHE PRATIQUE ET VISIONNAIRE DE L&#8217;UNITE DE L&#8217;ETRE <\/strong><br \/>Les premiers ma\u00eetres soufis ont adopt\u00e9s une compr\u00e9hension visionnaire et pratique de l&#8217;unit\u00e9 de l&#8217;\u00eatre au lieu d&#8217;une approche purement sp\u00e9culative et th\u00e9orique(note 1). <br \/>Exp\u00e9rimenter ou visionner l&#8217;unit\u00e9 de l&#8217;\u00eatre exige la vision du c\u0153ur, capacit\u00e9 qu&#8217;ont seulement ceux qui poss\u00e8dent un c\u0153ur c&#8217;est \u00e0 dire les soufis qui se sont \u00e9loign\u00e9s du royaume de l\u2019ego et du monde temporel par le moyen de l&#8217;amour divin et qui contemplent Dieu avec l\u2019\u0153il de Dieu lui-m\u00eame. <br \/>La th\u00e9orie de l&#8217;unit\u00e9 de l&#8217;\u00eatre est quant \u00e0 elle une philosophie produite par la pens\u00e9e rationnelle(&#8216;aql)et bien tant que telle elle appartient au royaume de l\u2019ego. Croire en une telle philosophie n&#8217;est d&#8217;aucun int\u00e9r\u00eat spirituel, en fait, elle ne fait qu&#8217;\u00e9garer socialement et moralement les \u00eatre humains. Car en fait il arrive qu&#8217;on utilise cette philosophie pour justifier l&#8217;indulgence et la tol\u00e9rance vis \u00e0 vis de certains vices ou autres comportements offensants sous pr\u00e9texte que &#8220;\u00e0 partir du moment o\u00f9 tout est dans l&#8217;unit\u00e9 divine alors tout est bien&#8221;. Aussi croire en une telle philosophie n&#8217;est pas recommandable car elle peut vraiment conduire \u00e0 l\u2019immoralit\u00e9 et faire perdre \u00e0 l&#8217;homme sa sublime station d&#8217;\u00eatre humain en un mot son humanit\u00e9. <br \/>Jalal al-Din R\u00fbmi(d6721273) illustre bien ce danger dans une histoire : un voleur d&#8217;abricots fut surpris par le propri\u00e9taire du jardin qui lui demanda : Ne crains-tu pas Dieu pour voler ainsi ce qui n&#8217;est pas \u00e0 toi ? Pourquoi devrais je craindre Dieu r\u00e9pondit le voleur et il ajouta &#8220;cet arbre appartient \u00e0 Dieu ces abricots appartiennent \u00e0 Dieu et je suis le serviteur de Dieu. Il s&#8217;agit donc juste d&#8217;un serviteur de Dieu mangeant ce qui appartient \u00e0 Dieu &#8220;en entendant ces propos le propri\u00e9taire se contenta de demander \u00e0 ses serviteurs d\u2019apporter une corde et de lier le voleur contre l&#8217;arbre d&#8217;abricots ; Puis il dit voici ma r\u00e9ponse tout en commencant \u00e0 fouetter le voleur qui s\u2019\u00e9cria alors en disant &#8220;ne crains-tu pas Dieu pour battre ainsi un \u00eatre humain ? Tout en souriant le propri\u00e9taire r\u00e9pondit : &#8220;Pourquoi devrais je craindre Dieu ceci est le b\u00e2ton de Dieu la corde qui a servi \u00e0 t&#8217;attacher appartient \u00e0 Dieu et toi tu es le serviteur de Dieu. Je suis donc seulement en train de battre le serviteur de Dieu avec le b\u00e2ton de Dieu!&#8221; <br \/>Contrairement \u00e0 l&#8217;approche th\u00e9orique de l&#8217;unit\u00e9 de l&#8217;\u00eatre l&#8217;approche visionnaire est bas\u00e9e sur l&#8217;amour et est pratiqu\u00e9e seulement par ceux qui d\u00e9tach\u00e9s de tout int\u00e9r\u00eat personnel. Ici on exalte et on encourage le service \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9, la tol\u00e9rance et la bont\u00e9 envers tous les \u00eatres humains. L\u2019\u00e9cole de l&#8217;approche visionnaire a connu en son sein des personnages aux qualit\u00e9s humaines exceptionnelles tels que Abu Sa&#8217;id ibn Abi&#8217;l Khayr'(d 4401049),Abu&#8217;l HassanKharaqani(d4261034),Bayazid Bastami(d260874),Mansur Hallaj(d309992) et Ruzbihan Baqli(d6061210).Alors que l&#8217;unit\u00e9 de l&#8217;\u00eatre d&#8217;un point de vue th\u00e9orique est pure sp\u00e9culation et paroles, elle implique du point de vue visionnaire la fr\u00e9quentation d&#8217;une voie spirituelle \u00e0 travers laquelle le soufi appr\u00e9hende toutes les choses comme \u00e9tant une car son regard est alors tourn\u00e9 dans une seule direction. Tandis que la premi\u00e8re approche est une doctrine enseign\u00e9e et apprise par l&#8217;esprit, la seconde est une pratique bas\u00e9e sur l&#8217;exp\u00e9rience directe et la r\u00e9alisation. <br \/>La premi\u00e8re approche est enseign\u00e9e du haut de la chaire d&#8217;une salle de classe, la seconde est une gnose qui s&#8217;obtient seulement \u00e0 l&#8217;\u00e9cole de la r\u00e9v\u00e9lation et de la vision. <br \/>La premi\u00e8re accro\u00eet la conscience intellectuelle, la seconde lib\u00e8re de toute conscience de soi et am\u00e8ne l&#8217;homme \u00e0 la vie en Dieu, ainsi quand Bayazid s&#8217;exclama &#8220;Gloire \u00e0 moi&#8221; c&#8217;est Dieu qui parlait \u00e0 travers lui. <\/p>\n<p><strong>2- L&#8217;AMOUR DIVIN <\/strong><\/p>\n<p>Le principe de base enseign\u00e9 par le soufisme c&#8217;est que la R\u00e9alit\u00e9 ne peut \u00eatre connue par des m\u00e9thodes logiques ou rationnelles. C&#8217;est par l&#8217;amour seul qu&#8217;on se rapproche de Dieu et c&#8217;est seulement par la gr\u00e2ce et la faveur divine qu&#8217;on peut r\u00e9aliser l&#8217;intimit\u00e9 avec Lui. Selon les soufis aussi longtemps que tu reste toi m\u00eame c&#8217;est \u00e0 dire attach\u00e9 \u00e0 ta propre personne tu ne peut conna\u00eetre Dieu car le grand voile entre toi et Dieu, c&#8217;est toi m\u00eame. Seul le feu de l&#8217;amour divin peut consumer cet \u00e9gocentrisme. En outre ce qu&#8217;il faut savoir c&#8217;est que cet amour divin appara\u00eet spontan\u00e9ment on ne peut l\u2019acqu\u00e9rir par des \u00e9tudes. <br \/>L&#8217;amour divin peut appara\u00eetre dans le c\u0153ur du soufi de deux fa\u00e7ons qui sont l&#8217;attraction divine(jadhaba)d&#8217;une part et et d&#8217;autre part le voyage et l\u2019entra\u00eenement m\u00e9thodique sur une voie spirituelle (sayer wa soluk). <br \/>Par l&#8217;attraction, l&#8217;amour de Dieu s\u2019\u00e9veille chez le soufi d&#8217;une fa\u00e7on directe, sans interm\u00e9diaire de sorte que le soufi oublie tout sauf Dieu. <br \/>Par le voyage et le progr\u00e8s sur la voie le soufi \u00e0 travers sa d\u00e9votion tombe amoureux du Ma\u00eetre spirituel et celui-ci transforme alors l&#8217;amour du disciple en amour divin. Pour donner une image on pourrait dire que le soufi se met en qu\u00eate d&#8217;un Ma\u00eetre spirituel avec la lampe de la soif de la V\u00e9rit\u00e9. Le ma\u00eetre accro\u00eet la flamme de cette lampe avec son saint esprit de sorte que le soufi se retrouve consum\u00e9 par l&#8217;amour divin. Hafiz(d7911389)illustre cette id\u00e9e dans les vers suivants: <\/p>\n<p>Cent intellectuels lucides se consumeraient sur-le-champ Dans cette intense chaleur qui br\u00fblent nos c\u0153urs fous. <\/p>\n<p>C&#8217;est pourquoi quand on demanda \u00e0 Bayazid la signification du soufisme, il r\u00e9pondit : le soufisme peut \u00eatre compar\u00e9 \u00e0 la situation d&#8217;un homme qui tr\u00e9buche sur un tr\u00e9sor enfoui dans un coin de son c\u0153ur et dans ce tr\u00e9sor se trouve un bijou pr\u00e9cieux appel\u00e9 Amour. Seul celui qui a trouv\u00e9 ce tr\u00e9sor est un soufi. Dans le m\u00eame sens Kwadja Abdullah Ansari(d4811089)a dit : &#8220;Beaucoup d&#8217;hommes professent &#8220;Un&#8221; mais restent attach\u00e9s \u00e0 cent milles. Cependant lorsque les soufis dit &#8220;Un&#8221; il renie leurs propres identit\u00e9s. Selon les mots d&#8217;Abul-Husayn Nuri(d295907): <br \/>&#8220;Les soufis sont les \u00eatres les plus sages : Beaucoup de gens recherchent la bont\u00e9 de dieu le soufi ne cherche que Dieu seul et Son intimit\u00e9. Certains autre sont satisfaits par les dons de Dieu, le soufi n&#8217;est satisfait qu&#8217;avec Lui c&#8217;est \u00e0 dire quand il est en Dieu lui-m\u00eame. Mais ce n&#8217;est pas l\u00e0 une \u0153uvre qu&#8217;ils accomplissent de leur propre chef ; c\u2019est quelque chose qui a fait dispara\u00eetre toute autre chose \u00e0 leurs yeux et vers quoi ils se tournent de toutes leurs forces. <br \/>Les gens recherchent les qualit\u00e9s divines et s&#8217;en contentent une fois qu&#8217;ils les trouvent au lieu de chercher plut\u00f4t l&#8217;Unique auquel ces qualit\u00e9s se r\u00e9f\u00e9rent. Les soufis eux cherchent l&#8217;essence et ne contemplent rien d&#8217;autre que cela. Le monde entier renient les soufis et c&#8217;est m\u00eame ceux qui sont consid\u00e9r\u00e9s comme les plus sages du monde qui sont les plus v\u00e9h\u00e9ments dans leur condamnation cela bien s\u00fbr parce que l&#8217;ignorant \u00e9tant incapable de rejeter quoi que ce soit c&#8217;est au sage qu&#8217;il appartient de le faire;(note3) <br \/>Ainsi pour les ma\u00eetres soufis l&#8217;amour divin am\u00e8ne le soufi \u00e0 se tourner dans une seul en direction et \u00e0 se concentrer sur Dieu seul. L&#8217;histoire suivante illustre bien ce point: <br \/>Le sultan Mahmud Ghazna alla une fois visiter la ville de Kharaqan et rendre hommage au ma\u00eetre soufi Abul_hasan Kharaqani. Il installa sa tente aux abords d e la ville et envoya un \u00e9missaire au ma\u00eetre pour lui annoncer son arriv\u00e9e en demandant \u00e0 l\u2019\u00e9missaire de pr\u00e9ciser que lui le sultan \u00e9tait venu de loin pour rencontrer le ma\u00eetre. Il demandait surtout a ce dernier de quitter sa khanaqah pour venir le rencontrer \u00e0 son camp et dans le cas o\u00f9 le ma\u00eetre refuserait il demandait \u00e0 l\u2019\u00e9missaire de r\u00e9citer les paroles coraniques suivantes :&#8221;\u00f4 vous qui avez cru, ob\u00e9issez \u00e0 Dieu et \u00e0 son messager ainsi qu&#8217;\u00e0 ceux d&#8217;entre vous qui sont investis de l&#8217;autorit\u00e9&#8221;(note 4). <br \/>L\u2019\u00e9missaire partit et fit le message du sultan et lorsque le ma\u00eetre d\u00e9clina poliment l&#8217;invitation du sultan l&#8217;\u00e9missaire lui r\u00e9cita le verset dont il avait \u00e9t\u00e9 instruit; Kharaq\u00e2ni fit alors la r\u00e9ponse suivante : Dis \u00e0 Mahmud que je suis encore si absorb\u00e9 par le &#8220;ob\u00e9issez \u00e0 Dieu&#8221; du verset qu&#8217;il t&#8217;a demand\u00e9 de dire que je suis oblig\u00e9 de reconna\u00eetre que je n&#8217;ai pas encore r\u00e9alis\u00e9 le &#8220;ob\u00e9issez \u00e0 son messager&#8221; encore moins le &#8220;ainsi qu&#8217;\u00e0 ceux qui sont investis de l&#8217;autorit\u00e9 parmi vous(&#8216;note 5). <br \/>On retrouve le m\u00eame message dans le r\u00e9cit que Rabi&#8217;a(d180-5788-92)fit du r\u00eave dans lequel elle eut une vision du Proph\u00e8te : Il me demanda si je l&#8217;aimais; \u00f4 Proph\u00e8te r\u00e9pondis-je y&#8217;a t-il quelqu&#8217;un qui puisse ne pas t&#8217;aimer ? Mais je dois dire que mon c\u0153ur est si rempli de l&#8217;amour de Dieu qu&#8217;il ne reste plus de place pour l&#8217;amour de quelqu\u2019un d&#8217;autre&#8221; <br \/>une autre version de cette anecdote est rapport\u00e9e par un auteur arabe, Zabidi(d6021205)dans le Ith\u00e2f-al-sad\u00e2h al mutt\u00e2qin: <br \/>On demanda \u00e0 Rabi&#8217;a quel est le degr\u00e9 de ton amour pour l&#8217;envoy\u00e9 de Dieu ? je l&#8217;aime infiniment du plus profond de mon \u00eatre r\u00e9pondit Rabi&#8217;a mais l&#8217;amour de Dieu m&#8217;a arrach\u00e9 \u00e0 l&#8217;amour de ses cr\u00e9atures(note 6) <\/p>\n<p><strong>3. L&#8217;APPEL A L&#8217;ADORATION DE DIEU<\/strong> <br \/>Les Ma\u00eetres de la voie appellent leurs disciples \u00e0 Dieu et non \u00e0 eux m\u00eame. Leur objectif est de lib\u00e9rer les disciples \u00e0 la fois de l&#8217;adoration de soi et aussi de l&#8217;adoration des autres personnes de sorte \u00e0 les guider vers l&#8217;adoration de Dieu seulement. Il ne s&#8217;agit pas d&#8217;attirer des disciples \u00e0 soi pour la satisfaction d&#8217;ambitions \u00e9go\u00efstes ou d&#8217;obtenir d&#8217;eux des moyens de subsistance en les s\u00e9duisant par le moyen de miracles ou de pouvoirs. A ce sujet Attar raconte l&#8217;histoire d&#8217;un homme qui alla voir l&#8217;imam Ja&#8217;far al-Sadiq en le d\u00e9fiant de lui montrer Dieu.&#8221;N&#8217;as tu pas entendu ce que Dieu r\u00e9pondit \u00e0 Mo\u00efse demanda l&#8217;imam&#8221;Tu ne me verras pas&#8221;[koran vii-146] oh oui je l&#8217;ai entendu r\u00e9pondit l&#8217;homme mais \u00e0 pr\u00e9sent nous vivons dans la communaut\u00e9 de Muhammad au sein de laquelle un homme a affirm\u00e9 &#8220;mon c\u0153ur a vu mon seigneur&#8221; tandis qu&#8217;un autre a dit &#8220;je n&#8217;adore pas un Dieu que je ne peux pas voir&#8221;.&#8221;Attachez-lui les membres et jetez le dans les eaux du tigre ordonna Ja&#8217;far a ses disciples; Puis il demanda au fleuve de l&#8217;engloutir; L&#8217;homme se d\u00e9battit et quand il arriva \u00e0 sortir la t\u00eate de l&#8217;eau il s&#8217;\u00e9cria &#8220;\u00f4 descendant du proph\u00e8te de Dieu aide moi&#8221; en entendant cela Ja&#8217;far demanda une fois de plus au fleuve de l&#8217;engloutir; l&#8217;homme parvint \u00e0 nouveau \u00e0 sortir sa t\u00eate de l&#8217;eau et r\u00e9p\u00e9ta son appel \u00e0 l&#8217;aide mais le ma\u00eetre resta sourd \u00e0 ses appels et demanda toujours au fleuve de l&#8217;engloutir il en fut ainsi plusieurs fois de suite et convaincu qu&#8217;il ne recevrait pas l&#8217;aide d&#8217;une cr\u00e9ature et d\u00e9sesp\u00e9rant de tout secours humain l&#8217;homme au bord de la noyade s&#8217;en remit \u00e0 Dieu et s&#8217;\u00e9cria &#8220;\u00f4 seigneur aide moi!&#8221; C&#8217;est seulement alors que Ja&#8217;far ordonna qu&#8217;on le sorte de l&#8217;eau et qu&#8217;on le laisse se reposer sur la berge; Lorsqu&#8217;il retrouva ses esprits on lui demanda s&#8217;il avait pu voir Dieu au moment o\u00f9 il se noyait. <br \/>&#8220;Aussi longtemps que je comptais sur un autre que Dieu je suis rest\u00e9 voil\u00e9; mais une fois que je pris refuge aupr\u00e8s de lui une ouverture s&#8217;est fait dans mon c\u0153ur et \u00e0 travers elle j&#8217;ai vu l&#8217;objet de ma qu\u00eate. Chaque fois que vous \u00eates impuissant alors \u00e9levez vos supplications vers Lui. Ja&#8217;far al-Sadiq lui dit alors:&#8221;Jusqu&#8217;\u00e0 ce que tu t&#8217;\u00e9cries &#8220;al Sadiq(le V\u00e9ridique) tu n&#8217;\u00e9tais qu&#8217;un menteur(kadhib). <br \/>Cette m\u00eame id\u00e9e de total d\u00e9tachement de tout sauf de dieu est rapport\u00e9e par Attar dans l&#8217;histoire suivante relative \u00e0 Dh\u00fb&#8217;l N\u00fbn al-Misr\u00ee(d246860) qui la raconte lui m\u00eame:&#8221;j&#8217;\u00e9tais dans les montagnes lorsque je vis un attroupement de personnes malades; Que fa\u00eetes vous ici? leur demandai-je. <br \/>&#8220;Il y a ici un d\u00e9vot qui vit dans une caverne r\u00e9pondirent-ils et une fois par an il sort et avec son souffle il gu\u00e9rit tous les malades pr\u00e9sents puis il retourne \u00e0 sa caverne et n&#8217;en sort que l&#8217;ann\u00e9e suivante.&#8221; Je pris alors la d\u00e9cision d&#8217;attendre patiemment la sortie de cet homme et je vis un homme p\u00e2le affaibli avec un regard tr\u00e8s profond. A sa vue la montagne se mit \u00e0 trembler de respect; Il regarda la foule rassembl\u00e9e avec compassion puis leva les yeux au ciel et souffla plusieurs fois en direction des malades qui aussit\u00f4t furent tous gu\u00e9ris. Lorsqu&#8217;il s&#8217;appr\u00eatait \u00e0 retournes dans sa caverne, je saisis son manteau et je lui dis: &#8220;tu as gu\u00e9ri les maladies ext\u00e9rieures de ces gens, moi je te demande pour l&#8217;amour de Dieu de gu\u00e9rir mon mal int\u00e9rieur&#8221; <br \/>O Dhu&#8217;l N\u00fbn dit-il en me fixant &#8220;\u00f4te ta main de moi car L&#8217;Ami voit tout de par sa toute puissance et sa majest\u00e9 et s&#8217;il te voyait t&#8217;agripper \u00e0 un autre que Lui il t&#8217;abandonnerait toi et cette personne l&#8217;un \u00e0 l&#8217;autre et dans ce cas tu seras perdant&#8221;.Sur ces mots il disparut dans la caverne(note 8). <br \/>Traitant encore du th\u00e8me de l&#8217;adoration de Dieu en dehors et au-dessus de tout interm\u00e9diaire cr\u00e9e, Attar raconte l&#8217;histoire d&#8217;un fils de noble qui se joignit un jour \u00e0 l&#8217;assembl\u00e9e de Abu Sa&#8217;id ibn Abi&#8217;l-Khayr; Apr\u00e8s avoir \u00e9cout\u00e9 le ma\u00eetre il fut pris d&#8217;un si grand remord qu&#8217;il d\u00e9cida de se repentir de sa vie d&#8217;\u00e9garement et offrit tout ce qu&#8217;il poss\u00e9dait au ma\u00eetre; ce dernier le soumis durant plusieurs ann\u00e9es a des t\u00e2ches p\u00e9nibles. Au fil du temps le jeune homme devint un exemple pour les habitants de la cit\u00e9 qui en \u00e9tait fiers. Le ma\u00eetre ordonna alors \u00e0 ses disciples de l&#8217;ignorer compl\u00e8tement. Le ma\u00eetre finit m\u00eame par l&#8217;exclure de la khanaqah en lui interdisant d&#8217;y revenir. Totalement d\u00e9sabus\u00e9 et d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 le disciple trouva refuge dans une mosqu\u00e9e. Il se jette par terre et s&#8217;\u00e9cria: &#8220;\u00f4 Seigneur, tu sais et tu as vu que personne ne veut de moi;Je n&#8217;ai aucun mal sauf le mal de Toi et aucun autre refuge sauf en Toi. Il pleura ainsi abondamment pendant un certain temps et soudain il lui fut accord\u00e9 la station spirituelle et la gr\u00e2ce qu&#8217;il recherchait depuis si longtemps. Pendant ce temps \u00e0 la Khanaqah Abu Sa&#8217;id demanda \u00e0 ses disciples de l&#8217;accompagner chercher le derviche qu&#8217;il avait chass\u00e9 plus t\u00f4t. Ils ne tard\u00e8rent pas \u00e0 le trouver toujours en pleurs ; Lorsque le derviche vit le ma\u00eetre il lui demanda: pourquoi m&#8217;avez vous fait subir tant d&#8217;humiliations?.&#8221;Tu avais r\u00e9ussi \u00e0 te d\u00e9tacher de tous les \u00eatres cr\u00e9es r\u00e9pondit le ma\u00eetre mais il restait toujours un voile entre toi et Dieu ce voile c&#8217;\u00e9tait(ton amour pour) moi. A pr\u00e9sent ce voile a disparu l\u00e8ve toi et r\u00e9jouis-toi!&#8221;(note 9) <br \/>Certains ma\u00eetres soufis \u00e9taient si rigoureux dans leur incitation \u00e0 l&#8217;adoration de Dieu sans aucun interm\u00e9diaire qu&#8217;ils demand\u00e8rent qu&#8217;on dissimule leur tombe apr\u00e8s leur mort pour \u00e9viter que les gens ne viennent les visiter et soient distraits ne serait ce qu&#8217;un instant de l&#8217;adoration de Dieu. Ainsi on rapporte que Dawud Ta&#8217;i donna les instructions suivantes \u00e0 ses disciples:&#8221;Enterrez-moi derri\u00e8re un mur de sorte que personne ne passe devant ma face&#8221;(note 10)c&#8217;est ce qu&#8217;ils firent et aujourd\u2019hui encore la tombe du ma\u00eetre demeure ainsi. <\/p>\n<p><strong>4. L&#8217;INCITATION A L&#8217;EXERCICE D&#8217;UNE PROFESSION ET LE BL\u00c2ME DE LA PARESSE ET DU DESOEUVREMENT<\/strong> <br \/>Les grands mystiques et les ma\u00eetres de la voie soufie ont soulign\u00e9 la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;avoir un travail et se sont eux m\u00eame engag\u00e9s dans diverses activit\u00e9s commerciales encourageant ainsi les disciples \u00e0 imiter leurs propres exemples. On pourrait citer le cas de Sari Saqati(d255871)qui tenait un commerce de marchandises g\u00e9n\u00e9rales au Bazaar;Abu&#8217;l Q\u00e2sim Junayd(d465910)g\u00e9rait une boutique de glaces et Qushyri(d4651072) rapporte les propos suivants au sujet de Abu&#8217;l Husyn N\u00fbri: &#8220;chaque matin, il quittait sa maison pour la boutique et achetait des miches de pains qu&#8217;il offrait en aum\u00f4ne sur son chemin vers la mosqu\u00e9e o\u00f9 il accomplissait ses pri\u00e8res jusqu&#8217;\u00e0 celle de la mi-journ\u00e9e; Il s&#8217;en allait alors toujours en \u00e9tat de je\u00fbne au bazar pour ouvrir son magasin. Ses compagnons marchands croyaient alors qu&#8217;il avait d\u00e9jeun\u00e9 chez lui et son personnel de maison croyait qu&#8217;il avait mang\u00e9 au bazar. Pendant (ses vingt premi\u00e8res ann\u00e9es sur la voie il conserva cette habitude note 11). <br \/>Ibn Khaff nous affirme &#8220;de mon temps la plupart des ma\u00eetres avait une profession \u00e0 travers laquelle il gagnait leur vie; J&#8217;ai moi-m\u00eame appris \u00e0 filer et c&#8217;est gr\u00e2ce \u00e0 mon commerce de fil que je subvenais \u00e0 mes besoins(note 12) <br \/><strong>5. LE SERVICE DES AUTRES ET L&#8217;AMOUR DE L&#8217;HUMANITE<\/strong> <br \/>Les ma\u00eetres soufis classiques exhortaient beaucoup\u00b2leurs disciples \u00e0 la convivialit\u00e9 et au service de l&#8217;humanit\u00e9. Les disciples \u00e9taient \u00e9galement encourag\u00e9 \u00e0 promouvoir des qualit\u00e9s humaines nobles entre eux. Dans cet objectif, les ma\u00eetres donnaient eux m\u00eame l&#8217;exemple affin que les disciples puissent s&#8217;en inspirer. <br \/>A ce sujet Ansari raconte ce qui suit: <br \/>&#8220;Quand on demanda \u00e0 Ab\u00fb&#8217;Abdullah S\u00e2lami par quels signes l&#8217;on pouvait reconna\u00eetre les amis de Dieu, il r\u00e9pondit:&#8221;Par la subtilit\u00e9 de l&#8217;expression, le comportement aimable, la mine joyeuse la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 naturelle, la tol\u00e9rance, le pardon \u00e0 ceux qui implorent leur cl\u00e9mence, la bont\u00e9 envers tous les \u00eatres de la cr\u00e9ation sans consid\u00e9ration de leurs vertus ou de leurs d\u00e9fauts(note 13) <br \/>Dans un de ses propos, Ab\u00fb&#8217;l-Hasan Kharaqani met en relief ce m\u00eame sentiment de l&#8217;Amour altruiste. <br \/>&#8220;Si seulement je pouvais mourir pour l&#8217;humanit\u00e9 toute enti\u00e8re afin qu&#8217;elle n&#8217;ait plus \u00e0 subir la mort, si seulement je pouvais payer pour tous les p\u00e9ch\u00e9s de l&#8217;humanit\u00e9 afin qu&#8217;au jour du jugement dernier plus personne n&#8217;ait \u00e0 rendre compte de ses actes, si seulement je pouvais endurer les tourments de l&#8217;au-del\u00e0 \u00e0 la place de tous les hommes afin qu&#8217;ils soient pr\u00e9serv\u00e9s des feux de l&#8217;enfer.(note 14) <br \/>Sari Saqati va dans le m\u00eame sens lorsqu&#8217;il dit <br \/>&#8220;j&#8217;aurai voulu que toute la tristesse et le chagrin qui p\u00e8sent sur le c\u0153ur des autres descendent sur mon c\u0153ur affin qu&#8217;ils soient d\u00e9livr\u00e9s de leur peinedouleur&#8221;; ailleurs Sari dit encore:&#8221;un jour de f\u00eate je vis Ma&#8217;ruf Karkhi en train de ramasser des dattes;Interrog\u00e9 par moi sur la signification d&#8217;une telle activit\u00e9 il r\u00e9pondit : <br \/>\u00ab j&#8217;ai vu un enfant en larmes et je lui ai demand\u00e9 pourquoi il pleurait. L&#8217;enfant me r\u00e9pondit alors &#8220;je suis un orphelin sans p\u00e8re ni m\u00e8re. Aujourd&#8217;hui, en ce jour de f\u00eate tous les enfants re\u00e7oivent des v\u00eatements et pas moi les autres enfants ont aussi des billes et moi non &#8221; c&#8217;est pourquoi poursuivit Ma&#8217;rufje suis en train de ramasser ces dattes pour les vendre afin de pouvoir acheter des billes avec lesquels cet enfant pourra jouer et cesser de pleurer; \u00bb<br \/>Dans le m\u00eame contexte, Ibn Munawwar rapporte qu&#8217;Abu Sa&#8217;id ibn Abi&#8217;l khayr lui fit la r\u00e9flexion suivante: Apr\u00e8s avoir r\u00e9alis\u00e9 la connaissance(ilm), la pratique spirituelle(&#8216;amal)et la m\u00e9ditation(mur\u00e2qaba). J&#8217;ai d\u00fb apprendre \u00e0 me d\u00e9tacher de tout cela et dans cette entreprise je me suis rendu compte qu&#8217;une telle r\u00e9alit\u00e9 int\u00e9rieure ne peut s&#8217;obtenir que par le moyen du service des soufis. Aussi me suis-je donc occup\u00e9 des soufis en veillant personnellement au nettoyage de leurs chambres et \u00e0 la propret\u00e9 de leur toilettes. Apr\u00e8s avoir accompli cette t\u00e2che assid\u00fbment pendant un certain temps je finis par m&#8217;y habituer et par en percevoir la signification int\u00e9rieure; Je me mis alors \u00e0 mendier au point d&#8217;en faire ma profession pour subvenir aux besoins des soufis. Puis un jour les aum\u00f4nes que je recevais devinrent insuffisantes, je vendis alors successivement mon turban mes chaussures et finalement les broderies de mon manteau pour les soufis. Mon p\u00e8re faillit s&#8217;\u00e9vanouir quand il me vit la t\u00eate d\u00e9coiff\u00e9e sans turban et ma tunique d\u00e9pouill\u00e9e de broderies. Mon fils s&#8217;\u00e9cria t-il tout \u00e9nerv\u00e9 &#8220;comment appelle-tu l&#8217;\u00e9tat dans lequel tu t&#8217;es mis l\u00e0?<br \/>&#8220;Cela s&#8217;appelle&#8221; r\u00e9pondis-je &#8220;regarde mais ne pose pas de questions&#8221;(note 17)<br \/>On rapporte que lorsqu&#8217;on lui demanda combien il y&#8217;avait de chemins menant de la cr\u00e9ation \u00e0 Dieu, Abu Sa&#8217;id r\u00e9pondit &#8220;il y a autant de chemins qu&#8217;il y a de particules dans l&#8217;existence mais le chemin le plus court le meilleur et le plus facile pour parvenir \u00e0 Dieu consiste \u00e0 rendre la vie plus ais\u00e9e aux autres.<br \/>Toujours sur le m\u00eame point R\u00fbmi \u00e9crit:<br \/>&#8220;Accomplis ton service seulement pour plaire \u00e0 dieu ne te pr\u00e9occupe pas de la louange ou du bl\u00e2me des gens&#8221;<br \/>ou encore selon les mots de Sa&#8217;di:<br \/>&#8220;le service des gens est la vraie adoration l&#8217;adoration de Dieu, ce n&#8217;est pas les chapelets les manteaux de pi\u00e9t\u00e9 ou les tapis de pri\u00e8res&#8221;<br \/>Sahi al Tustari rapporte:<br \/>&#8220;Je voyageais une fois avec Ibrahim ibn Adham lorsque je tombais malade; Il vendit tout ce qu&#8217;il poss\u00e9dait pour prendre soin de moi. Il m&#8217;arriva de lui demander une faveur et pour me satisfaire il vendit son chameau sans que je le sache. Une fois r\u00e9tabli, je lui demandai o\u00f9 \u00e9tait son chameau et il me r\u00e9pondit qu&#8217;il l&#8217;avait vendu je lui demandai alors: O Ibrahim sur quoi vais-je monter maintenant?<br \/>O fr\u00e8re r\u00e9pondit-il, monte sur mes \u00e9paules. Et il me porta ainsi sur une distance de trois lieues.<br \/>Dans le m\u00eame ordre d&#8217;id\u00e9e Attar raconte l&#8217;histoire de trois hommes qui s&#8217;en all\u00e8rent ensemble prier dans une mosqu\u00e9e abandonn\u00e9e. Lorsqu&#8217;ils s&#8217;endormirent Ibrahim ibn Adham se tint \u00e0 la porte jusqu&#8217;au petit matin; \u00e0 leur r\u00e9veil les autres d\u00e9vots l&#8217;interrog\u00e8rent sur son attitude; &#8220;il faisait tr\u00e8s froid&#8221; expliqua t-il et un vent tr\u00e8s glac\u00e9 soufflait, je me suis donc mis au travers de la porte afin que vous souffriez moins du froid et que le plus dur soit pour moi&#8221;(note 21) <\/p>\n<p><strong>6. NE PAS SE SENTIR OFFENSE PAR LES MAUVAIS TRAITEMENTS DES AUTRES<\/strong> <\/p>\n<p><em>Nous garderons la foi <br \/>Nous endurerons le bl\u00e2me et <br \/>Nous nous en r\u00e9jouirons <br \/>Car sur cette voie <br \/>Se sentir offens\u00e9 est infid\u00e9lit\u00e9<\/em> <br \/>HAFIZ <\/p>\n<p>Pour les soufis le fait de se sentir offens\u00e9 peut s&#8217;entendre de deux mani\u00e8res. <br \/>Premi\u00e8rement se sentir offens\u00e9 est un signe d&#8217;\u00e9gocentrisme et d&#8217;existence de soi alors que le soufi est &#8220;non existant et sans ego. Ainsi celui qui se sent vex\u00e9 et offens\u00e9 est toujours quelqu&#8217;un et il associe autre chose \u00e0 dieu au lieu d&#8217;\u00eatre un unitarien(adepte de l&#8217;unit\u00e9 divine) <br \/>Deuxi\u00e8mement, le soufi est quelqu&#8217;un qui s&#8217;est soumis \u00e0 Dieu et est content de la volont\u00e9 de Dieu. Quelle que soit l&#8217;affliction qui le touche ou quelles que soient les tracasseries qu&#8217;il subit, il les consid\u00e8re comme venant de Dieu. Et selon le po\u00e8te: <br \/>la blessure et la douleur qui proviennent de l&#8217;Ami <br \/>sont sources de joie pour moi <br \/>car c&#8217;est de cette souffrance que viendra mon r\u00e9veil <\/p>\n<p>Ne pas se sentir offens\u00e9 face aux mauvais traitements constitue le point principal, le crit\u00e8re qui distingue le soufi du non mystique. Aussi plus une personne est insensible aux tracasseries qu&#8217;elle subit, plus elle est d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e et plus elle devient soufi. Les histoires suivantes relatives aux premiers ma\u00eetres du soufisme classique()illustrent plus amplement l&#8217;id\u00e9e que nous venons d&#8217;exposer. <br \/>Un voyageur rendit visite une fois \u00e0 shaykh Khafif v\u00eatu d&#8217;un manteau noir de derviche avec un turban autour de sa t\u00eate. Le shaykh voyant son accoutrement \u00e9trange fut saisi d&#8217;une grande col\u00e8re. Apr\u00e8s avoir accompli deux rak&#8217;ats de pri\u00e8res, le visiteur fit ses salutations au shaykh; <br \/>\u00f4 fr\u00e8re demanda le shaykh quelle est la signification de cet habillement noir? <br \/>Ces habits t\u00e9moignent de la mort de mes idoles&#8221; r\u00e9pondit le visiteur qui voulait dire par-l\u00e0 la mort de son nafs et de ses d\u00e9sirs. Puis continuant l&#8217;homme ajouta: n&#8217;as-tu pas entendu le verset coranique &#8220;qui te diras qui sont les gens qui ont fait de leurs d\u00e9sirs une divinit\u00e9?[koran xxv:43]; <br \/>Jetez-le dehors s&#8217;\u00e9cria le shaykh \u00e0 l&#8217;endroit de ses disciples qui s&#8217;ex\u00e9cut\u00e8rent aussit\u00f4t. Ramenez-le ordonna \u00e0 nouveau le shaykh. Et ainsi quarante fois de suite l&#8217;homme fut chass\u00e9 de fa\u00e7on humiliante et ramen\u00e9 dans l&#8217;assembl\u00e9e du shaykh. A la fin le ma\u00eetre se leva, embrassa le front de son h\u00f4te v\u00eatu de noir et lui rendit hommage en disant: <br \/>&#8220;En v\u00e9rit\u00e9 tu m\u00e9rite de t&#8217;habiller en noir, car tu as support\u00e9 quarante fois successives l&#8217;humiliation sans en \u00eatre affect\u00e9e pas m\u00eame une seule fois.(23) <br \/>Ibn Khafif re\u00e7ut un jour un visiteur souffrant de diarrh\u00e9e. Le shaykh passa la nuit au chevet du malade et ne ferma pas l\u2019\u0153il de toute la nuit. A l&#8217;aube,le malade s&#8217;\u00e9cria &#8220;maudit sois tu, o\u00f9 es tu pass\u00e9?&#8221; Le ma\u00eetre qui s&#8217;\u00e9tait assoupi un peu sursauta et s&#8217;approcha de lui avec sa couverture de lit encore sur le dos. Plus tard dans la journ\u00e9e ses disciples lui demand\u00e8rent: O ma\u00eetre quel genre d&#8217;invit\u00e9 est ce malade pour parler aussi grossi\u00e8rement; Nous en avons marre de son obsc\u00e9nit\u00e9! Notre patience est \u00e0 bout! <br \/>Ibn khafif dit alors: &#8220;\u00f4 derviches, dans tout ce que cet homme disait je n&#8217;entendais que &#8220;Dieu te benisse, Dieu te benisse!&#8221; <\/p>\n<p>Une fois abu&#8217;l Hasan Bushanji voyageait par\u00e9 de tous ses atours de soufi. Un turc qui passait le vit et lui donna un coup de poing. La foule interpella le Turc et lui demanda une explication de son attitude irrespectueuse.&#8221;Ne sais-tu pas qui tu viens de frapper ? Il s&#8217;agit d&#8217;Abu&#8217;l hasan bushanji, le p\u00f4le spirituel de son \u00e9poque&#8221;.Pris de remords, le Turc revint vers le shaykh pour implorer son pardon. Le ma\u00eetre le renvoya en disant &#8220;va mon ami! Oublie cet incident! De toutes fa\u00e7ons ce n&#8217;est pas toi que je vois comme auteur de ce que tu m&#8217;as fait; Cet acte a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 dans un lieu o\u00f9 il n&#8217;y a jamais d&#8217;erreur et celui qui l&#8217;a ordonn\u00e9 ne se trompe jamais!&#8221; <\/p>\n<p>Pendant quarante ans dit Ab\u00fb &#8216;Uthman Hiri, je n&#8217;ai pas \u00e9t\u00e9 affect\u00e9 par les \u00e9tats que Dieu m&#8217;accordait de m\u00eame je n&#8217;ai pas \u00e9t\u00e9 pein\u00e9 par les \u00e9tats auxquels Il m&#8217;arrachait&#8221; <br \/>L&#8217;histoire suivante confirme cette affirmation. Un homme qui ne croyait pas en Ab\u00fb Uthman lui envoya une invitation. Ce dernier accepta et lorsqu&#8217;il arriva \u00e0 l&#8217;entr\u00e9e de la demeure de l&#8217;homme celui-ci s&#8217;\u00e9cria: <br \/>-glouton retourne chez toi il n&#8217;y a rien ici pour toi. <br \/>Abu uthman se retourna pour rentrer chez lui mais \u00e0 peine avait-il fait quelques pas sur le chemin que l&#8217;homme le rappela en disant: &#8220;\u00f4 shaykh reviens! Et il revint. <br \/>Et de nouveau l&#8217;homme lui lan\u00e7a <br \/>-tu es impatient de manger, je le sais mais il n&#8217;y en a pas assez alors va-t&#8217;en! <br \/>Le shaykh repartit mais l&#8217;homme le rappela une fois de plus et il revint &#8211; mange des cailloux ou alors rentre chez toi dit l&#8217;homme; <br \/>Le shaykh reprit le chemin du retour. Quarante fois de suite l&#8217;homme appela et renvoya Abu Uthman qui pendant ces quarante aller et retour ne montra aucun signe d&#8217;\u00e9nervement ou d&#8217;agacement. L&#8217;homme se jeta alors \u00e0 ses pieds en larmes, se repentit et devint son disciple. <br \/>&#8220;Quel type d&#8217;homme \u00eates vous donc! S&#8217;exclama l&#8217;homme. &#8220;Quarante fois de suite je vous ai renvoy\u00e9 d&#8217;une fa\u00e7on humiliante et vous n&#8217;avez pas montr\u00e9 le moindre signe d&#8217;agacement&#8221;.&#8221;Ceci est facile&#8221; r\u00e9pondit Ab\u00fb Uthman. Les chiens font la m\u00eame chose. Quand vous les chassez ils s&#8217;en vont et quand vous les rappelez ils reviennent toujours sans montrer un quelconque m\u00e9contentement. Aussi un tel comportement dans lequel le chien nous \u00e9gale ne comporte aucun m\u00e9rite pour l&#8217;homme. Le travail des hommes se situe \u00e0 un autre niveau&#8221;(note 26) <\/p>\n<p>Bayazid errait souvent parmi les tombes; une nuit alors qu&#8217;il revenait du cimeti\u00e8re, il rencontra un jeune noble qui jouait du luth; &#8220;Dieu nous prot\u00e8ge s&#8217;exclama Bayazid. Le jeune homme arr\u00eata alors de jouer et lan\u00e7a violemment son luth qui alla s&#8217;\u00e9craser sur la t\u00eate du ma\u00eetre et le blessa. <br \/>Bayazid retourna \u00e0 son couvent et y passa la nuit; Au lever du jour il fit venir un de ses compagnons et lui remit une bourse contenant le prix d&#8217;un nouveau luth ainsi qu&#8217;une friandise et envoya le tout au jeune noble de la veille. <br \/>-Dis au jeune homme que Bayazid implore son pardon. Et puisque son luth s&#8217;est cass\u00e9 lorsqu&#8217;il m&#8217;a frapp\u00e9 qu&#8217;il daigne accepter en compensation cet argent pour s&#8217;offrir un luth neuf; La friandise que voici est destin\u00e9 \u00e0 enlever de son c\u0153ur la peine que lui a caus\u00e9e la perte de son instrument! Lorsque le jeune homme r\u00e9alisa ce qu&#8217;il avait fait, il alla voir Bayazid se jeta \u00e0 ses pieds et se repentit(27) <\/p>\n<p>Ibn Khafif rapporte l&#8217;histoire suivante au sujet de la remarquable endurance d&#8217;Ab\u00fb&#8217;l Ali Rudhbari(d323934) face \u00e0 l\u2019affliction. <br \/>Une r\u00e9ception r\u00e9unit un jour tous les shaykhs soufis de la mecque. Parmi eux il y&#8217; avait un derviche inconnu de Ab\u00fb&#8217;l Ali. Lorsque l&#8217;heure du d\u00eener arriva, Ab\u00fb&#8217;l Ali se leva et comme il \u00e9tait de coutume chez les soufis il prit une cruche d&#8217;eau et passa parmi les \u00e9minents ma\u00eetres soufis pour les servir tout en blaguant avec eux. Toujours avec autant de convivialit\u00e9 et de bonne humeur, il s&#8217;approcha de l&#8217;\u00e9tranger et au grand \u00e9tonnement de tous les invit\u00e9s le derviche lui arracha la cruche et la lui brisa sur la t\u00eate. Voyant leur ma\u00eetre saigner, les disciples d&#8217;Ab\u00fb Ali se lev\u00e8rent pour battre le derviche. Par Allah dit le shaykh! Ne lui faites aucun mal; Ne faites rien qui puisse le vexer! <br \/>Face \u00e0 une telle r\u00e9action du Shaykh le derviche fut troubl\u00e9 et eut honte de son acte. Voyant que le derviche \u00e9tait g\u00ean\u00e9 Ab\u00fb&#8217;l Ali lui dit: &#8220;\u00f4 fr\u00e8re, oublie ce qui vient de se passer; En fait j&#8217;avais la fi\u00e8vre et je souhaitais faire une saign\u00e9e juste avant que tu ne me frappes; A pr\u00e9sent sans recours \u00e0 un verre tranchant j&#8217;ai perdu du sang et je suis gu\u00e9ri de la fi\u00e8vre. Et il poursuivit la conversation avec le derviche qu&#8217;il mit de bonne humeur et ce jusqu&#8217;\u00e0 ce que celui-ci oublie la g\u00eane caus\u00e9e par son acte et retrouve sa gaiet\u00e9 et sa jovialit\u00e9 initiale(28) <br \/>La patience de Bayazid face \u00e0 l&#8217;affliction est le sujet des c\u00e9l\u00e8bres vers de Sa&#8217;di dans son Bustan <br \/>&#8220;J&#8217;ai entendu dire qu&#8217;un jour de f\u00eate avant l&#8217;aube, Bayazid sortait \u00e0 peine d&#8217;un bain public quand une marmite de cendres fut renvers\u00e9e sur sa t\u00eate depuis la fen\u00eatre d&#8217;une maison sous laquelle il passait. <br \/>Et voyant cela il s&#8217;\u00e9cria le turban et les cheveux au vent <br \/>tout en se frottant le visage avec les deux mains en signe de gratitude \u00e0 Dieu <br \/>&#8220;\u00f4 mon \u00e2me, je suis digne du feu; <br \/>Comment pourrais-je donc m&#8217;indigner pour des cendres? <\/p>\n<p><strong>7. LA CHEVALERIE SPIRITUELLE<\/strong> <\/p>\n<p>La chevalerie spirituelle(30) a une signification tr\u00e8s particuli\u00e8re pour les soufis. Il s&#8217;agit de servir les autres avec d\u00e9sint\u00e9ressement et sans aucune autosatisfaction. De nombreux ma\u00eetres soufis en ont fait mention dans leurs enseignements. <br \/>Ab\u00fb hafs Haddad a dit:&#8221;la chevalerie signifie \u00eatre juste \u00e9quitable envers les autres sans attendre en retour qu&#8217;ils soient justes envers nous&#8221;(31) <br \/>Junayd affirme: &#8220;la chevalerie est le fait de ne pas \u00eatre conscient que l&#8217;on est chevalier. C&#8217;est faire un acte altruiste sans jamais dire: &#8220;j&#8217;ai fait ceci&#8221;(32) <br \/>Lorsqu&#8217;on interrogea Kharaqani \u00e0 propos de la chevalerie, il r\u00e9pondit:[lorsqu&#8217;on est chevalier]m\u00eame s&#8217;il arrivait que Dieu accorde une centaine de bienfaits \u00e0 ton fr\u00e8re et un seul \u00e0 toi, tu n&#8217;accepterais jamais d&#8217;\u00e9changer la seule gr\u00e2ce que tu as re\u00e7u contre toutes celles de ton fr\u00e8re&#8221;(33) <\/p>\n<p><strong>8. LA TOLERANCE RELIGIEUSE<\/strong> <\/p>\n<p>Les ma\u00eetres soufis classiques accordaient un grand respect aux adeptes des autres religions, tout en rejetant les guerre de sectes, le fanatisme, le sectarisme et toute sorte de pers\u00e9cution au nom de la religion. <br \/>Dans ce sens Kharaqan\u00ee a soulign\u00e9&#8221;je ne dirais pas de quelqu&#8217;un qu&#8217;il s&#8217;est r\u00e9alis\u00e9 spirituellement s&#8217;il continue de distinguer en pens\u00e9e ce qu&#8217;on appelle &#8220;la v\u00e9rit\u00e9 d&#8217;\u00e9vangile&#8221;(haqq) et l&#8217;erreur-credal(batil). Maghrebi(d810\/1408) exprimera plus tard la m\u00eame id\u00e9e en vers: <br \/>&#8220;un oeil qui prend la v\u00e9rit\u00e9 pour des mensonges <br \/>n&#8217;a aucune clairvoyance <br \/>car tout ce qui est con\u00e7u comme &#8220;non-v\u00e9rit\u00e9 ou per\u00e7u comme <br \/>fausset\u00e9s et mensonges r\u00e9side dans l\u2019\u0153il lui m\u00eame et l&#8217;am\u00e8ne ainsi \u00e0 d\u00e9former la vision des gens sans lumi\u00e8re&#8221;(34) <br \/>L&#8217;histoire suivante illustre l&#8217;attitude de tol\u00e9rance religieuse adopt\u00e9e par les ma\u00eetres soufis classiques: <br \/>Un groupe de soufis alla une fois rendre visite \u00e0 Ab\u00fb&#8217;l Hasan Kharaq\u00e2ni. Parmi eux il y avait un chr\u00e9tien qui se fit passer pour un soufi. Lorsqu&#8217;ils arriv\u00e8rent \u00e0 Kharaq\u00e2n, Ab\u00fb&#8217;l Hasan se mit \u00e0 leur disposition et insista pour les servir lui-m\u00eame. Il fut particuli\u00e8rement bon et attentionn\u00e9 avec le jeune chr\u00e9tien. Un jour il sugg\u00e9ra \u00e0 ses invit\u00e9s d&#8217;aller aux bains publics. Alors que tous se r\u00e9jouissaient de cette proposition, le chr\u00e9tien quant \u00e0 lui avait de l&#8217;appr\u00e9hension car il avait autour de la taille une ceinture que portaient les minorit\u00e9s chr\u00e9tiennes dans les pays musulmans et qui indiquait donc clairement quelle \u00e9tait sa religion. Qu&#8217;allait -il faire de cette ceinture se demandait-il car aller aux bains publics signifiait la montrer \u00e0 tout le monde. Alors qu&#8217;il \u00e9tait pr\u00e9occup\u00e9 par cette pens\u00e9, Ab\u00fb&#8217;l hasan le fit appeler et lui souffla \u00e0 l&#8217;oreille les propos suivants: &#8220;tu peux confier ta ceinture pendant que tu seras aux bains. Mes serviteurs et moi nous garderons le secret je te le promets. Lorsqu&#8217;il revint des bains publics, le ma\u00eetre le fit entrer chez lui en toute discr\u00e9tion et lui remit gentiment sa ceinture. <br \/>Abdull\u00e2h ibn Tahir Azdi rapporte: &#8220;un jour j&#8217;eus une dispute avec un juif au bazar et emport\u00e9 par la discussion je l&#8217;ai trait\u00e9 de chien. A ce moment Husayn Ibn Mans\u00fbr vint \u00e0 passer et entendant ce que j&#8217;avais dit, il me regarda avec col\u00e8re et dit: &#8220;commence d&#8217;abord par emp\u00eacher le chien qui est en toi d&#8217;aboyer! Puis il repartit furieux. A la fin de la dispute, je cherchai Hallaj mais lorsqu&#8217;il me vit, il se retourna pour \u00e9viter de me regarder. J&#8217;implorai alors son pardon jusqu&#8217;\u00e0 ce que je regagne son estime&#8221;(36) <\/p>\n<p><strong>9. INDEPENDANCE,CHARITE,DETACHEMENT DU MONDE<\/strong> <\/p>\n<p>Parmi les principales qualit\u00e9s relev\u00e9e par les premiers ma\u00eetres soufis figurent \u00e9galement l&#8217;ind\u00e9pendance(istighna),la charit\u00e9(\u00eethar),et le d\u00e9tachement de tout int\u00e9r\u00eat mondain. Totalement d\u00e9vou\u00e9s au service d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9 des autres ces ma\u00eetres soufis ne poss\u00e9daient rien car ils donnaient tout ce qu&#8217;ils avaient aux pauvres et aux autres soufis. L&#8217;acquisition de fortunes ou La possession de domaines ou de propri\u00e9t\u00e9s terriennes \u00e9tait la derni\u00e8re de leurs pr\u00e9occupations. Et m\u00eame lorsqu&#8217;un soufi manquait de moyens quand il \u00e9tait sollicit\u00e9, il n&#8217;h\u00e9sitait pas \u00e0 sacrifier sa tunique et son turban pour aider celui qui se trouvait dans le besoin; <br \/>C&#8217;est ainsi que par la pratique approfondie du d\u00e9tachement mat\u00e9riel les ma\u00eetres soufis classiques r\u00e9alis\u00e8rent le sens du contentement spirituel. De m\u00eame, ils trac\u00e8rent la voie de l&#8217;ind\u00e9pendance spirituelle par la rupture de tous liens avec la vie temporelle et l&#8217;aide de leurs paroles pures de toutes traces de mondanit\u00e9 et le manque total d&#8217;\u00e9go\u00efsme dans leur comportement. Ils d\u00e9tach\u00e8rent leurs c\u0153urs de tout sauf la V\u00e9rit\u00e9 Absolue et seul). Leurs relations avec la soci\u00e9t\u00e9 \u00e9taient guid\u00e9es uniquement par le d\u00e9tachement sans passion (tajrid) et dans leur vie int\u00e9rieure ils \u00e9taient lib\u00e9r\u00e9s des illusions du monde apparent. Debout au seuil du domaine de l&#8217;Etre Absolu, ils frapp\u00e8rent \u00e0 la porte de la non-existence, noyant ainsi l&#8217;Etre et le non-\u00eatre dans leur contemplation. <\/p>\n<p><strong>10. LA BONTE ENVERS LES ANIMAUX<\/strong> <\/p>\n<p>Voyant tous les \u00eatres comme des cr\u00e9atures de Dieu, les ma\u00eetres soufis classiques ont par cons\u00e9quent \u00e9tendu leur affection et leur compassion aux animaux. Att\u00e2r rapporte: <br \/>Ma&#8217;aruf Karkhi avait un oncle qui \u00e9tait maire de la cit\u00e9. Un jour il passait par un endroit d\u00e9sertique lorsqu&#8217;il aper\u00e7ut son neveu mangeant du pain. En face de lui se tenait un chien auquel ma&#8217;ruf donnait un morceau de pain chaque fois qu&#8217;il en mangeait lui-m\u00eame. <br \/>N&#8217;as-tu pas honte de manger avec un chien? s&#8217;\u00e9cria son oncle&#8221; je ne ressens aucune honte \u00e0 donner du pain \u00e0 un chien r\u00e9pondit Ma&#8217;ruf. <br \/>Dans l&#8217;histoire suivante rapport\u00e9e par Att\u00e2r, on per\u00e7oit la relation sp\u00e9ciale que Mans\u00fbr Hallaj entretenait avec les chiens. <br \/>Un jour Shaykh Abdullah Turughbadi de la ville de Tus mit sa table et mangeait avec ses disciples lorsque Mans\u00fbr Hallaj arrivait de la ville de la cit\u00e9 de Qashmir,v\u00eatu d&#8217;un q\u00e2ba noir et tenant deux chiens noirs en laisse. Le Shaykh dit \u00e0 ses disciples: un jeune homme d&#8217;une telle apparence va bient\u00f4t arriver, levez vous et allez \u00e0 sa rencontre car il accomplit de grandes choses&#8221;. Les disciples se lev\u00e8rent tous et partirent \u00e0 la rencontre de Hallaj qu&#8217;il ramen\u00e8rent avec eux; D\u00e8s qu&#8217;il arriva aupr\u00e8s du shaykh celui ci se leva pour lui c\u00e9der sa place. Hallaj s&#8217;y assit et mit ses deux chiens \u00e0 table juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de lui. Il mangea du pain et en donna \u00e0 ses chiens ce qui ne manqua pas de choquer les disciples. Le shaykh quant \u00e0 lui resta tranquille et c&#8217;est seulement au d\u00e9part de Hallaj qu&#8217;il se leva pour le raccompagner et lui dire au revoir. A son retour ses disciples lui demand\u00e8rent: &#8220;pourquoi as-tu laiss\u00e9 ta place \u00e0 un homme pareil qui mange avec ses chiens, un simple passant dont la seule pr\u00e9sence a souill\u00e9 tout notre repas? <br \/>&#8220;Ses chiens&#8221; r\u00e9pondit le shaykh \u00ab repr\u00e9sentent son ego (nafs) ils sont en dehors de lui et marchent derri\u00e8re lui tandis que nos chiens sont encore \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur de nous et c&#8217;est nous qui marchons derri\u00e8re eux \u00bb. Telle est la diff\u00e9rence entre celui qui suit ses chiens (d\u00e9sirs, passions)et celui qui est suivi par ses chiens. Ses chiens sont hors de lui, les v\u00f4tres sont en vous. Son \u00e9tat est un millier de fois sup\u00e9rieures au v\u00f4tre. Il d\u00e9sire \u00eatre dans la volont\u00e9 cr\u00e9atrice de Dieu et qu&#8217;il y ait un chien ou non, son seul but est de consacrer chacun de ses actes \u00e0 Dieu&#8221; <br \/>Attar relate que revenant une fois de la mecque, Bayazid fit halte \u00e0 Hamad\u00e2m o\u00f9 il acheta des grains de safran qu&#8217;il mit dans sa poche pour les rapporter \u00e0 Bist\u00e4m. Une fois rentr\u00e9 chez lui il vida ses poches et y vit une fourmi. &#8220;J&#8217;ai arrach\u00e9 ce pauvre insecte \u00e0 son lieu d&#8217;habitation &#8220;pensa t-il. Il repartit alors sur-le-champ pour Hamadam avec la fourmi pour la remettre \u00e0 l&#8217;endroit o\u00f9 il avait achet\u00e9 les grains de safran. Nul ne saurait atteindre un tel degr\u00e9 dans le royaume de la compassion \u00e0 l&#8217;\u00e9gard des \u00eatres vivants tant qu&#8217;il n&#8217;a pas r\u00e9alis\u00e9 enti\u00e8rement la station de l&#8217;acceptation totale du Commandement de Dieu(40) <\/p>\n<p><strong>11. MISE EN AVANT DE L&#8217;ASPECT INTERIEUR DE LA SHARIAT PAR RAPPORT A L&#8217;ASPECT EXTERIEUR<\/strong> <\/p>\n<p>A travers leur discours oral, la po\u00e9sie et la prose, les ma\u00eetres soufis classiques ont directement ou symboliquement entrepris d&#8217;\u00e9clairer leur auditoire sur la r\u00e9alit\u00e9 transformante de la Sha&#8217;riat. Leurs propos et leurs \u00e9crits doivent \u00eatre vus comme une sorte de passage de l&#8217;amande que constitue la liturgie formelle de la loi religieuse islamique vers le noyau qui est la vraie adoration. Bien qu&#8217;il soit difficile de rendre compte de la quantit\u00e9 prodigieuse de propos consacr\u00e9s par les Ma\u00eetres soufis au f\u00e9tichisme de l&#8217;aspect ext\u00e9rieur de la religion, la s\u00e9lection suivante suffira \u00e0 t\u00e9moigner de la profondeur de leur vision; <\/p>\n<p><em>\u00b7 le p\u00e8lerinage:<\/em> <br \/>Concernant le rite du p\u00e8lerinage en islam(la visite au moins une fois dans sa vie de la Ka&#8217;ba situ\u00e9 \u00e0 la mecque) les ma\u00eetres classiques essayaient de mettre en garde les gens contre la concentration idol\u00e2tre sur la maison du Seigneur &#8211; la ka&#8217;ba \u00e0 la mecque- et les incitaient plut\u00f4t \u00e0 se concentrer sur &#8220;le Seigneur de la maison&#8221;. Dans ce sens, Muhammad Ibn Fadl Balkhi dit un jour: &#8220;je m&#8217;\u00e9tonne du fait que les gens endurent la peine de la travers\u00e9e du d\u00e9sert pour atteindre la maison de Dieu et voir la tombe de son Proph\u00e8te, et que cependant ils ne s&#8217;efforcent pas pour tuer leurs propres passions et d\u00e9sirs sensuels (hafs wa hawa) afin d&#8217;atteindre le C\u0153ur et de pouvoir y contempler Dieu&#8221;(41) <br \/>Ab\u00fb Sa&#8217;id Ibn Ab\u00ee&#8217;l khayr avait l&#8217;habitude d&#8217;envoyer tous ses disciples d\u00e9sireux d&#8217;accomplir le p\u00e8lerinage visiter la tombe de son propre ma\u00eetre en leur demandant d&#8217;en faire le tour (circumbulation)jusqu&#8217;\u00e0 ce qu&#8217;ils aient atteint leur but(42) <br \/>Une fois kharaq\u00e2ni demanda \u00e0 un homme o\u00f9 il allait et l&#8217;homme r\u00e9pondit &#8220;je me rends dans le Hijaz pour le p\u00e8lerinage&#8221;. <br \/>Pourquoi? demanda le ma\u00eetre. &#8220;J&#8217;y vais pour chercher Dieu&#8221; dit l&#8217;homme; Le ma\u00eetre r\u00e9pliqua alors; &#8220;Dieu aurait-il donc disparu du Kh\u00fbrasan pour que tu aies besoin d&#8217;aller le chercher jusqu&#8217;au Hij\u00e2z?&#8221;(43) <br \/>Une fois on vit Sh\u00eebli en train de courir avec une torche \u00e0 la main. Interrog\u00e9 sur sa destination, il r\u00e9pondit: &#8220;je me rends \u00e0 la Ka&#8217;bapour y mettre le feu afin que les gens arr\u00eatent d&#8217;adorer la maison de Dieu et se d\u00e9vouent plut\u00f4t au culte du Dieu de la maison&#8221;(44) <br \/>On rapporte que lors de l&#8217;accomplissement d&#8217;un p\u00e8lerinage \u00e0 la mecque, R\u00e2bi&#8217;a fit remarquer: &#8220;ceci est la Maison(Ka&#8217;ba)[la plus] idol\u00e2tr\u00e9 sur terre alors que Dieu n&#8217;est ni pr\u00e9sent ni absent de cette maison. De m\u00eame Il n&#8217;y entre pas mais, Il ne la quitte pas non plus&#8221;(45) <br \/>Ab\u00fb&#8217;i Hasan Kharaq\u00e2ni a dit: &#8220;je m&#8217;abstint de tout sauf Dieu. Et quand je m&#8217;interpellais, c&#8217;est Dieu qui r\u00e9pondais. J&#8217;ai alors su que j&#8217;avais transcend\u00e9 la cr\u00e9ature et je m&#8217;\u00e9criai alors &#8220;\u00f6 Dieu, me voici, je suis \u00e0 ton service!(46) <br \/>je fis mes ablutions, puis rev\u00eatant les v\u00eatements de p\u00e8lerin j&#8217;accomplis les rites du p\u00e8lerinage en faisant le tour (circumbulation) de l&#8217;unit\u00e9 de Dieu. La Ka&#8217;ba se mit alors \u00e0 tourner autour de moi en chantant mes louanges tandis que les anges m&#8217;exaltaient et me glorifiaient&#8221;(47) <br \/>Kharaq\u00e2ni a dit: &#8220;certaines personnes font le tour de la Ka&#8217;ba, d&#8217;autres font le tour de la mosqu\u00e9e sacr\u00e9e dans les cieux et certains autres tournent autour du Tr\u00f4ne divin, mais les compagnons de la chevalerie(jaw\u00e2nmard\u00e2n)font le tour de l&#8217;Unit\u00e9 Divine&#8221;(48) <br \/>Une fois Kh\u00e2raq\u00e2ni fit remarquer \u00e0 Ab\u00fb Sa&#8217;id ibn Abi&#8217;l Khayr &#8220;Puissent-ils t&#8217;\u00e9pargner le voyage \u00e0 la Mecque car tu es trop pr\u00e9cieux pour y aller; Puissent-ils t&#8217;apporter la ka&#8217;ba afin qu&#8217;elle tourne rituellement autour de toi&#8221;(49) <br \/>Cette vision int\u00e9rioris\u00e9 du p\u00e8lerinage a marqu\u00e9 et inspir\u00e9 de nombreux po\u00e8tes soufis des \u00e9poques suivantes; Ainsi le po\u00e8te Kam\u00e2l Khujandi(803\/1400) \u00e9crit: <br \/>&#8220;L&#8217;Arafat des amants se trouve au sommet de la demeure du Bien-aim\u00e9 <br \/>Et il serait honteux pour moi de quitter cette porte pour aller tourner autour de la Ka&#8217;ba(50) <\/p>\n<p><em>\u00b7 l&#8217;enfer et le paradis <\/em><br \/>Ab\u00fb&#8217;l Hasan Kharaq\u00e2ni a dit: &#8220;je ne suis pas entrain de vous dire que l&#8217;enfer et le paradis n&#8217;existent pas mais je dis que ni l&#8217;enfer ni le paradis n&#8217;ont leur place aupr\u00e8s de moi car ce sont tous deux des choses cr\u00e9\u00e9es; or dans ma sph\u00e8re et dans mon espace il n&#8217;y a aucune place pour les cr\u00e9atures temporelles.&#8221; <br \/>Ab\u00fb sa&#8217;id ibn Abi&#8217;lKhayr a dit&#8221;L&#8217;enfer se trouve l\u00e0 o\u00f9 appara\u00eet l&#8217;illusion de ton moi et le paradis se trouve partout o\u00f9 tu n&#8217;es pas&#8221;(52) <\/p>\n<p><em>\u00b7 Le Coran<\/em> <br \/>Kharaq\u00e2ni a dit: &#8220;j&#8217;ai vu des gens qui se consacraient enti\u00e8rement \u00e0 l&#8217;ex\u00e9g\u00e8se et \u00e0 l&#8217;interpr\u00e9tation du Koran, les compagnons de la chevalerie quant \u00e0 eux se consacrent \u00e0 l&#8217;ex\u00e9g\u00e8se de soi&#8221;(53) <\/p>\n<p><em>\u00b7 Asc\u00e9tisme<\/em> <br \/>Ahmad Harb envoya \u00e0 Bayazid un tapis de pri\u00e8res avec le message suivant: &#8220;Sers-toi en pour rendre moins p\u00e9nibles tes nombreuses pri\u00e8res nocturnes &#8220;Bayazid lui renvoya le tapis en lui demandant: &#8220;Envoie-moi un oreiller rembourr\u00e9 avec l&#8217;asc\u00e9tisme de ce monde et de l&#8217;autre afin que je puisse y poser ma t\u00eate et dormir profond\u00e9ment&#8221;(54) <\/p>\n<p><em>\u00b7 Supplication (du&#8217;a)<\/em> <br \/>&#8220;prie pour moi&#8221; demanda un jour quelqu&#8217;un \u00e0 Mimsh\u00e2d Dinawar\u00ee <br \/>&#8220;Va et recherche la demeure de Dieu afin que tu sois ind\u00e9pendant des invocations de Mimsh\u00e2d&#8221; r\u00e9pondit le Shaykh. <br \/>&#8220;O\u00f9 se trouve la demeure de Dieu?&#8221; demanda l&#8217;homme <br \/>&#8220;Partout o\u00f9 il n&#8217;y aucune trace de toi&#8221; repliqua Mimsh\u00e2d <br \/>&#8212;&#8212;&#8212;- <br \/>Abdull\u00e2h Ansari a dit: &#8220;Le credo (madhab) des soufis n&#8217;admet pas la supplication car ils croient en la pr\u00e9d\u00e9termination \u00e9ternelle. Autrement dit, le soufi croit que tout ce qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 arrivera.(56) <\/p>\n<p><em>\u00b7 La mosqu\u00e9e<\/em> <br \/>&#8220;Peut-on trouver des gens de Dieu dans les mosqu\u00e9es? Demanda t-on \u00e0 Ab\u00fb Sa&#8217;id ibn Ab\u00ee&#8217;l Khayr. &#8220;Oui &#8220;r\u00e9pondit-il mais on les trouve aussi dans les tavernes (khar\u00e2bat)(57) <\/p>\n<p><em>\u00b7 La direction de la pri\u00e8re(Qibla)<\/em> <br \/>Khar\u00e2qani a dit: &#8220;la q\u00eebla pour les compagnons de la chevalerie c&#8217;est Dieu. &#8220;Car partout o\u00f9 tu te tournes, l\u00e0 se trouve la Face de Dieu&#8221;[Koran ii,109](58) <\/p>\n<p><em>\u00b7 La pri\u00e8re rituelle(Nam\u00e2z)<\/em> <br \/>Lorqu&#8217;on demanda \u00e0 Ab\u00fb said ibn Abi&#8217;l Khayr o\u00f9 l&#8217;on devait placer ses mains au cours des pri\u00e8res quotidiennes il r\u00e9pondit: &#8220;Mets tes mains sur ton c\u0153ur et place ton c\u0153ur en Dieu glorifi\u00e9 soit-Il&#8221;(69). Il ajouta&#8221;la pri\u00e8re rituelle et le je\u00fbne sont l&#8217;affaire des d\u00e9vots(&#8216;abadan),purifier son c\u0153ur des vices et imperfections est l&#8217;affaire des hommes [les \u00eatres humains qui se sont r\u00e9alis\u00e9s] <\/p>\n<p><em>\u00b7 Enjoindre le bien et d\u00e9tourner du mal(Amr bi&#8217;l ma&#8217;ruf wa nahy az munkar)<\/em> <\/p>\n<p>Lorsqu&#8217;on interrogea Bayazid sur l&#8217;incitation au bien et l&#8217;interdiction du mal il r\u00e9pondit &#8220;recherche un monde o\u00f9 ces deux principes n&#8217;existent pas car ils appartiennent au monde des choses cr\u00e9\u00e9es. Au plan de l&#8217;Unit\u00e9 Divine il n&#8217;existe ni incitation au mal, ni interdiction du mal.(60) <\/p>\n<p><em>\u00b7 Ch\u00e2timent divin(&#8216;adhab)<\/em> <br \/>Pour donner une id\u00e9e de la vision soufi de la col\u00e8re de Dieu et de son Ch\u00e2timent je terminerai mon propos par le quatrain suivant: <br \/>\u00d4 Dieu tu as dis que tu me soumettras \u00e0 des tourments <br \/>et je me demande comment tu compte r\u00e9aliser une telle chose <br \/>car partout o\u00f9 tu te trouve, il ne saurait y avoir de tourments, <br \/>Et o\u00f9 se trouve donc ce lieu o\u00f9 tu n&#8217;es pas? <\/p>\n<p>Dr Javad Nurbakhsh.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dr. Nurbakhsh Examiner profond\u00e9ment les traits du soufisme \u00e0 ses origines seraient long et fastidieux surtout dans le cadre d&#8217;un&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-1383","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/journalsoufi.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1383","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/journalsoufi.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/journalsoufi.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/journalsoufi.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/journalsoufi.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1383"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/journalsoufi.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1383\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/journalsoufi.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1383"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/journalsoufi.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1383"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/journalsoufi.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1383"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}