Lectures Soufies...

Toujours dans tes bras

Le jeune homme au visage marqué d'acné , pressa l'épée sous sa robe , afin de vérifier pour la centième fois qu'elle y était toujours .
Se sentant une fois de plus rassuré , il rentra aux bains publics et y rechercha l'intendant.
" J'ai besoin d'un bain privé. De préférence situé à l'arrière "
" Bien entendu Monsieur " l'intendant répondit, " Tout de suite . Par-là Monsieur "
Au bout d'un long couloir carrelé, l'intendant ouvrit une porte et, mettant à sa disposition une serviette , invita poliment le jeune homme à rentrer . Une fois dans son compartiment, l'homme vérifia qu'il était bien seul, et fit couler de l'eau aussi chaude que possible, remplissant ainsi le compartiment de vapeur. Quand il ne lui fut plus possible de distinguer l'extrémité du banc en pierre sur lequel il était assis , il ouvrit sa robe, et dégaina l'épée . Nu sous sa robe, il regarda entre ses jambes et hocha la tête avec dégoût.
" Tu a été la malédiction de ma propre existence . Mais c'est maintenant la dernière fois que tu m'égares "
" Sur ces propos ", il plaça la lame de l'épée entre ses jambes , " je vais me débarrasser de tes désirs pervers a la racine ! "
Juste au moment ou il s'apprêtait à enfoncer la lame, une voix du fond de son cœur s'éleva :
" Comment oses-tu interférer avec notre royaume ! Tous les organes ne sont-ils pas à notre dispositions, si nous le désirons ? Si tu persistes à faire cela , nous transformerons chacun de tes poils ici-bas en un organe distinct, chacun t'enflammant des centaines de fois avec désirs et passions ! "
Tremblant de peur , le jeune homme laissa tomber l'épée et s'enfuit vers chez lui aussi vite que possible. Peu après cet événement, il partit à la recherche d'un cheikh qu'il connaissait en ville, et se fit initier dans la voie Soufie.
Maintenant, dix ans plus tard, il se sentait fier d'être devenu enfin le maître de ses désirs , et non le contraire . C'était probablement pour cette raison, se disait-il, que le cheikh l'avait choisi comme compagnon de voyage .
Cela faisait trois jours qu'ils voyageaient à travers des chemins de montagnes escarpé, accompagné d'averses fréquentes. Le cheikh et lui étaient tous deux trempés , et avaient depuis bien longtemps abandonné tout espoir de rester sec.
Juste avant d'arriver à destination, ils se trouvèrent face à un pont qui avait été balayé par les orages. Heureusement, la rivière que le pont recouvrait n'était pas très profonde et pouvait être traversée à pieds.
L'homme s'apprêta à aider le cheikh pour traverser la rivière lorsqu'il la vit.
Bien qu'elle porta un tchador, comme le prescrit la loi, la fin tissu de soie, trempé par la pluie, collait à son corps. Se tenant debout en contre-jour, on pouvait voir qu'elle ne portait rien en-dessous.
" J'ai l'impression que nous n'avons pas choisi le meilleur moment pour voyager " dit le cheikh en souriant à la femme.
" Peut-être aurais-je du consulter un astrologue " répondit-elle.
La femme regarda le cheikh avec plus d'attention. Il ne ressemblait pas à ce a quoi elle s'attendait.
" Et vous vous demandez sûrement ce que je fais ici toute seule ? "
" Non , au contraire, cela ne me concerne pas " répondit le cheikh en faisant une révérence. " Mais je voulais vous demander si vous auriez besoin d'aide pour traverser la rivière "
La femme jeta un œil au courant d'eau tumultueux et acquiesça, reconnaissante de l'aide qui lui avait été proposée.
Sans un mot, le cheikh s'approcha de la femme et la souleva gracieusement dans ses bras.
Il alla ensuite jusqu'au bord de la rivière, murmura une prière, et la porta jusqu'à l'autre rive sans aucun effort visible. Son jeune compagnon les suivit, une expression grave de désapprobation pouvant se lire sur son visage.
Sur l'autre rive, le cheikh reposa la femme aussi gracieusement qu'il l'avait soulevé, et fit une révérence encore plus élaborée. Après avoir accepté de la part de la femme de profonds remerciements, le cheikh reprit la route, son compagnon toujours derrière lui .
Ils continuèrent à marcher pendant quelques heures jusqu'à ce qu'ils arrivent à une auberge où ils firent halte pour prendre un thé et se sécher. Assis à la table, l'homme ne pouvait plus se retenir. Il fallait qu'il parle à son compagnon :
" N'est-il pas vrai, Ô cheikh, qu'il nous a été dit de s'abstenir de tout contact, de quelques nature que ce soit, avec une femme qui n'est pas de la famille proche, et plus particulièrement une femme si jeune et si jolie….et de plus quasiment nue ? "
Le cheikh regarda l'homme avec compassion " j'ai déposé cette femme depuis des heures. Est-elle toujours dans tes bras ? "

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