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Le Sheykh de la Voie

 Ne fais pas en sorte que le cortège du bien aimé soit brisé, que les dévots s’enfuient et que les serviteurs se sauvent.

Cela fait longtemps qu’auprès des iraniens, le sheykh de la Voie est un titre honorifique pour désigner le religieux, l’étudiant en religion ou l’ancien de la famille. Depuis des siècles selon la tradition de la Voie Nématollahi, le sheykh de la Voie est le représentant autorisé, du maître ou du qotb (pôle) de la lignée, pour guider les chercheurs sur la Voie. De plus, dans l’organisation des khanéqah (centres soufis) Nématollahi, le sheykh de la Voie est envoyé par le Maître de la Voie pour promouvoir l’école du Soufisme. Il sert alors d’intermédiaire au Maître de la Voie pour guider, si cela fait partie de la grâce de Dieu, les chercheurs vers la Réalité.

Ainsi donc, le Maître de la Voie choisie des personnes avec le titre de sheykh pour guider les véritables chercheurs. Au sein de la confrérie Nématollahi deux types de sheykh existent : locale et mobile. Le sheykh local est autorisé à guider les chercheurs uniquement dans la région ou il a été assigné, alors que le sheykh mobile peut initier des aspirants partout ou le maître l’envoie.De nos jours, un sheykh local ou mobile est désigné par le Maître de la Voie  Nématollahi, en concordance avec le nombre de khanéqah de par le monde, et en prêtant attention aux besoins locaux spécifiques, suivant les critères suivants :1 – Etre accepté par la communauté soufi locale2 – Avoir fait preuve de sincérité et de pureté jusqu'alors dans le cheminement intérieur et le comportement extérieur.3 – Posséder de bonnes connaissances concernant l’école du soufisme, ainsi que sur les principes du cheminement intérieur et du comportement extérieur.4 – Avoir de bonnes capacités de gestion, un passé de service dévoué, et être apte à gérer les relations humaines.

Etant donné les points précédents, le sheykh n’est pas nécessairement très avancé sur la Voie, et peut en fait être parfois influencé par l’état de son nafs (ego), et sujet à de faux pas dans ses paroles ou son comportement, nuisant ainsi aux derviches et les éloignant de la Voie.
Il est approprié de noter ci-après un certain nombre de points, chacun étant suffisant pour retirer le sheykh de la Voie du service à la khanéqah.

1 – Lorsqu’il remet en cause la parole ou le comportement du Maître de la Voie.
2 – Lorsque sous l’emprise du nafs il oublie qu’il représente le Maître, et invite les gens a lui-même.
3 – Lorsqu’il n’a pas un bon comportement envers sa famille, son entourage ou des derviches, qu’il est influencé par certaines personnes, au point que les derviches se plaignent et commence à se poser des questions et à émettre des doutes.
4 – Lorsqu’il devient attaché et dépendant d’une chose indigne d’un sheykh de la Voie, et qui a été interdit dans la Voie Nématollahi.
5 – Lorsqu’il devient égocentrique et se vante en permanence.
6 – Lorsqu’il est sans travail, n’a pas le sens des responsabilités, et devient une charge pour les autres ou pour les derviches.

Etant donné, de nos jours, le nombre de commerce ouverts au nom du soufisme, par des individus se faisant appeler ‘maître’ ou ‘guide spirituel’, un sheykh de la Voie Nématollahi doit prendre garde à ne pas suivre un autre Maître sans l’autorisation de son propre Maître, et ce sous aucun prétexte, car s’il le fait son engagement et sa dévotion envers le premier Maître seront annulés.
Comme l’on dit les grands de la Voie:

« Pose la tête où tu as bu le vin. »

En considérant les points signalés ci-dessus, le Maître de la Voie Nématollahi par égard pour l’état des derviches Nématollahi, dispense un tel sheykh de servir à la khanéqah et choisit quelqu’un d’autre à sa place. Comme le grand Hafez l’a dit :

Il y a de milliers de points plus fins que les cheveux.
Non, tous ceux qui se rasent la tête ne connaissent pas les coutumes du qalandar.


Nous avons cru nécessaire de citer ces points afin que certains soufis ne fassent pas fausse route mais comprennent bien leur véritable station ainsi que celle des autres, et que par ignorance ils ne s’éloignent pas de l’adoration de la Vérité, se trouvant piégés dans le puits de l’adoration de soi et de l’égocentrisme.

On a tout dit, mais au moment de s’apprêter à faire quelque chose,
sans la grâce de Dieu nous ne sommes rien, rien.
Sans la grâce de Dieu et les élus de Dieu,
même si c’est un ange son état sera noir.
Ne cherche pas la gloire et la bonté de Joseph,
ne montre que ton besoin et ton soupir comme Jacob.
Pour que le souffle de Jésus te fasse ressusciter,
et qu’il te rende comme lui-même bon et heureux.
La pierre ne devient pas verdoyante au printemps,
deviens de la terre pour que de toi s’élève des fleurs pleines de couleur.
         Masnavi – Rumi


Traduit du magazine SUFI n°72

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